Cocooning

Si Cocoon est une sorte de comédie de science-fiction façon conte de fées grand public, ce film du réalisateur de blockbusters Ron Howard de 1985 a le mérite de soulever avec fantaisie les thèmes de la vieillesse, de la mort et de la jeunesse éternelle... J'ai pensé à ma mère qui va beaucoup mieux depuis qu'elle est en maison de retraite. Qu'ont-ils donc glissé dans l'eau de la balnéo ?

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Si Cocoon est une sorte de comédie de science-fiction façon conte de fées grand public, ce film du réalisateur de blockbusters Ron Howard de 1985 a le mérite de soulever avec fantaisie les thèmes de la vieillesse, de la mort et de la jeunesse éternelle. Saupoudrez le tout d'effets spéciaux cosmiques, de dauphins souriants et de vieux comédiens s'amusant comme des petits fous à se poser la question faustienne ou de l'inextinguible amour conjugal et vous passerez un moment de détente, surtout si ces thèmes relèvent de vos préoccupations, que vous y voyiez ou non une allégorie mystique avec montée au ciel en soucoupe volante.

Les vieux fourneaux* préoccupés par leur virilité sur le déclin y sont adorablement cul-cul-la-praline, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ma mère qui va beaucoup mieux depuis qu'elle est en maison de retraite. Si elle n'est pas tombée dans une piscine régénératrice par manque d'extraterrestres en mal du pays, elle profite néanmoins de la balnéothérapie, du kiné, de la coiffeuse, etc., et d'un environnement médicalisé aux petits soins pour elle. Cette migration l'ayant poussé à arrêter de fumer, elle ne tousse plus et sa peau a retrouvé son teint de jeune fille. Elle n'est donc plus à s'inquiéter pour la moindre petite contrariété venue bousculer ses habitudes, mieux nourrie par la cantine locale que par les plats surgelés qui l'avaient mise en carence alimentaire, et elle a la visite quotidienne de ma petite sœur qui réside souvent à côté dans cette jolie ville de retraités qu'est Royan. Cette semaine ils sont même allés en bande et fauteuils roulants manger une glace chez Lopez (qui à mon goût ne vaut tout de même pas Berthillon, hélas fermé jusqu'au 28 août) !

Lorsque j'étais jeune homme, signer avec le Diable me paraissait une proposition à méditer, or avec le temps j'ai fini par apprécier tous les âges de la vie et accepter la mort comme une étape indispensable de ce joyeux parcours d'obstacles. Bon d'accord, a priori c'est encore loin, mais l'idée ne me fait plus peur comme jadis, peut-être depuis mon séjour à Sarajevo pendant le Siège d'où je suis revenu guéri, du moins en ce qui concerne cette angoisse commune. Si d'avoir réglé son sort à celle-ci me rapproche de la sérénité, il en est forcément quelques autres que j'ai encore à affronter. Mais ça, c'est une autre histoire.

→ Ron Howard, Cocoon, dvd ou Blu-Ray remasterisés en haute définition, Carlotta, 20,06€

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