Playground de l'Homme Plissé

Pour présenter sa nouvelle collection, plutôt que des mannequins marchant comme des robots lobotomisés, la maison de couture Issey Miyake avait engagé des acrobates capables de marcher sur le fil, monter à la corde ou se balancer d'anneau en anneau. Les garçons couraient dans tous les sens, sautaient, grimpaient, dansaient, accompagnés par les percussions de Sylvain Lemêtre...

miyake-1
Les rares fois où j'ai assisté à des défilés de mode j'avais été surpris par la brièveté du spectacle qui durait à peine dix minutes pour une débauche de matériel et un luxe incroyable. Hier soir la maison de couture Issey Miyake présentait Playground de l'Homme Plissé au Centre Pompidou. Cette saison l'accent est mis sur le confort et la fluidité des gestes. Comme toujours chez Miyake, le plissé ne bouge pas et cette fois le couturier insiste sur la modularité de ses vêtements où tout va avec tout.

miyake-2-1
Pour présenter sa nouvelle collection, plutôt que des mannequins, il avait engagé des acrobates capables de marcher sur le fil, monter à la corde ou se balancer d'anneau en anneau. Les garçons couraient dans tous les sens, sautaient, grimpaient, dansaient. La chorégraphie était réglée par Daniel Ezralow et la musique était jouée en direct par le percussionniste Sylvain Lemêtre dont les graves étaient amplifiés par huit sub-basses ! Lui-même se promenait au milieu du terrain de jeux et semblait diriger l'ensemble à la baguette d'un chef d'orchestre. La mise en scène me fit oublier Falbalas, le sublime film que Jacques Becker tourna en 1945 sur le monde de la haute-couture.

miyake-3
C'est fou ce que des musiciens en direct plutôt qu'un enregistrement apportent à n'importe quel spectacle. La musique de Sylvain Lemêtre se fit d'abord japonaise, rappelant les films de Mizoguchi, glissant rythmiquement vers une Afrique de fantaisie ou se fondant dans un enregistrement du Beau Danube Bleu de Johan Strauss Jr. Des instruments de percussion étaient disséminés autour de la piste avec le public encerclant l'action et les danseurs fusant de toutes les entrées. Aux breaks ils se figeaient soudain comme un arrêt sur image pour reprendre aussitôt leur course folle. À la fin du spectacle, ils invitèrent les spectateurs à grimper aux agrées tandis que Lemêtre faisaient exploser ses timbres les plus variés, mitraillé à son tour par les photographes qui n'en ont jamais assez dans ces circonstances. On avait très largement dépassé les dix minutes auxquelles je m'attendais !

La vidéo du défilé
et les détails de la collection...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.