Jean-Jacques Birgé
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Billet de blog 19 janv. 2022

Films, revue express

Simplement des notes expéditives pour me souvenir d'avoir vu ces films. Autant ? Le soir après le dîner, pour m'empêcher de travailler, de cogiter et pour laisser ma tendinite du pouce droit tranquille. Grand écran 5.1. Des yeux comme des soucoupes. En plus j'en oublie plein et je ne cite pas les anciens que je revois ou ceux sur lesquels j'ai écrit plus sérieusement...

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Article bâclé. Simplement des notes expéditives pour me souvenir d'avoir vu ces films. Autant ? Le soir après le dîner, pour m'empêcher de travailler, de cogiter et pour laisser ma tendinite du pouce droit tranquille. Grand écran 5.1. Des yeux comme des soucoupes. En plus j'en oublie plein et je ne cite pas les anciens que je revois ou ceux sur lesquels j'ai écrit plus sérieusement. Je devrais prendre des notes au fur et à mesure. Il me reste de vagues impressions à part quelques uns qui me laissent un souvenir impérissable. Je constate surtout que Netflix est en train de supplanter Hollywood dont la plupart des productions ont pour cible les jeunes ados américains...


Les films très fins :
Drive My Car
 de Ryusuke Hamaguchi, scénario très fin d'après Murakami, les personnages se découvrent progressivement, on tient les 3 heures sans peine
The Lost Daughter, premier film de Maggie Gyllenhal, freudien, formidable Olivia Colman
Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier, norvégien, intellectuellement plus banal, mais ça tient la route grâce à la forme
À l'abordage de Guillaume Brac, franchement sympathique, une branche toujours intéressante du cinéma français
Compartiment n°6 de Juho Kuosmanen, film germano-estono-russo-finlandais (c'est en russe !), là aussi, ça casse pas mal de préjugés
Le genou d'Ahed de Nadav Lapid est gonflé tant dans la forme que dans le fond. Déséquilibré, déséquilibrant, parce qu'il fait tituber tous les protagonistes à commencer par le réalisateur israélien critique de son pays. Quelle que soit leur place, tous sont complices. Passé ces frontières, nous le sommes tous, et pas seulement de l'oppression d'un peuple sur un autre, des gens entre eux, de la réalité qui dépasse la fiction


Les déceptions (pour certains, pour d'autres ça fait longtemps) :

La main de Dieu de Paolo Sorrentino, trop fellinien sans le délire, dommage !
Benedetta, démonstratif, faussement provocateur, où est passé l'humour grinçant de Paul Verhoeven ?
The French Dispatch de Wes Anderson, lassitude, toujours le même rythme, on s'endort vite malgré le délire
Memoria de Apichatpong Weerasethakul, la résolution de l'énigme dégonfle la baudruche mystique, pesant
The Novice de Lauren Hadaway, hystérique, monomaniaque, la tension permanente finit par fatiguer
Cry Macho, Eastwood n'est pas le cinéaste génial idolâtré par la presse, beaucoup de ses films sont pitoyables
The Last Duel de Ridley Scott, grosse daube, aucun intérêt
La fièvre de Petrov de Kirill Serebrennikov, je ne sais pas, je m'y suis pris à plusieurs fois, je n'arrive pas à accrocher


De bons westerns :
The Power of The Dog
, dernier Jane Campion, trouble
Old Henry de Potsy Ponciroli, comme quoi il y a encore de bons westerns


Les thrillers (au sens large) :
Beckett, excellent thriller hitchcockien de Ferdinando Cito Filomarino
Boîte noire, un bon film français de Yann Gozlan et puis maintenant je sais à quoi ressemble une boîte noire
The Card Counter, un bon Schrader, même si ça manque de liens entre l'Irak et les cartes
The Guilty d'Antoine Fuqua, Jack Gyllenhal toujours bien, mais le remake est moins bon que l'original danois de Gustav Möller
Old, scénario d'après la BD de Pierre Oscar Lévy, il réussit à Shyamalan qui ne me convainc pas souvent


Des comédies sympas :
Antoinette dans les Cévennes, charmant, pour Laure Calamy
Red Rocket, du réalisateur de The Florida Project, déjà vu, malgré la pauvreté du milieu social

I Care a Lot, humour bien noir, je ne suis pas certain que celui-ci soit si sympa, mais c'est le meilleur des trois !


De la tendresse ?
Stillwater de Tom McCarthy, Marseille vu autrement, Matt Damon n'en fait pas trop
Bergman Island de Mia Hansen-Løve, trop nostalgique
Spencer de Pablo Larraín ne vaut pas la série tellement plus réussie The Crown
Onoda 10000 nuits dans la jungle est à des kilomètres de Saga of Anathan de Sternberg


Une découverte !
Kogonada, épatants petits hommages thématiques et expérimentaux sur des cinéastes déterminants : les mains de Bresson, les yeux d'Hitchcock, la symétrie chez Wes Anderson, les miroirs de Bergman, etc.


Des films qui font réfléchir :
Don't Look Up, le film sur le déni du changement climatique
J'en ai profité pour revoir Solyent Green (1973) de Richard Fleischer, j'aime vraiment bien ce cinéaste, et The Day After Tomorrow (2004) de Roland Emmerich
France, parodie grossière des médias, c'est bien, Dumont prend des risques comme peu osent encore le faire
Being The Ricardos, léger, avec en fond la chasse aux sorcières. Aaron Sorkin a aussi réalisé The Trial of the Chicago 7.
Oslo de Bartlett Sher, dans les coulisses des accords Perez-Arafat, j'avais pleuré, ça a foiré avec l'assassinat de Perez
Percy vs. Goliath, mouais, ça enfonce des portes ouvertes sur le vilain Monsanto, ressemble à tant d'autres


De l'action :
Escape From Mogadishiu, vision coréenne de l'Afrique en crise, Seung-wan Ryoo, gros budget, vraiment à voir
Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, un bon Marvel japonais, il y a des soirs où ça repose
En tout cas c'est meilleur qu'Eternals de Chloé Zhao, vraiment cul-cul et sans style, étonnant de la réalisatrice de The Rider et Nomadland
The Matrix 4 Resurrections, bof, pas compris grand chose, ni l'intérêt, mieux vaut revoir le premier
Belfast, Branagh, effets attendus, ça ne mange pas de pain
Army of Thieves, les ados aiment bien quand ça bouge dans tous les sens


Des documentaires :
Il n'y aura plus de nuit de Eléonore Weber, filmé par les caméras des avions de l'armée américaine sur le terrain, terrible !
Ascension de Jessica Kingdon, alors là ça fait flipper, quand on voit ce que les Chinois ont dans la tête, on se dit qu'on est mal barrés pour la décroissance
Basquiat : un adolescent à New York de Sara Driver, pas le meilleur, mais tous les films sur Basquiat méritent le détour
La sagesse de la pieuvre, passionnant, mais c'est tout de même plan-plan, voire gonflant côté réalisation
Voyage of Time, texte et musique pompeux, confusion entre les images recrées et les prises de vue réelles qui finissent par perdre leur force, j'ai toujours un gros doute avec Terence Malick, comme avec Alexandre Sokourov, qu'est-ce que c'est lourd !
The Story of Film: An Odyssey de Mark Cousins, 15 heures spécieuses, je ne comprends pas comment on peut parler de cinéma de cette manière, quel fouillis, mais il y a toujours des choses à grapiller forcément vu que c'est plein d'extraits... J'ai testé aussi The Story of Film: A New Generation, c'est pire que mon article, parce que ça dure encore 2h40 ! Retournez à la case Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, un chef d'œuvre...
Ou bien recherchez Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais, épatant


Séries :
Mare of Easttown de Brad Ingelsby avec Kate Winslet est probablement la meilleure série de 2021. En thérapie est loin derrière nous.
La casa de Papel, j'avais laissé tomber dès la saison 3, c'est vrai que les derniers épisodes de cette dernière, la 5e, sont pas mal
Station Eleven, mini-série de 10 épisodes, bon scénario post-apocalyptique malgré un paquet d'invraisemblances
Vigil, mini-série de 6 épisodes de la BBC, polar comme savent le faire les Anglais, rebondissements dans un sous-marin, le côté guerre froide est peut-être un peu dépassé, mais ça suspense fort
Master of None, comédie réussie, mais oubliez la saison 3. Les dernières saisons de Mad Men, Game of Thrones ou du Bureau des Légendes ne méritaient pas plus qu'on s'y attarde. Tout le monde ne sait pas finir. Moi-même j'ai du mal à m'arrêter. Il me revient sans cesse des trucs que j'avais oubliés...

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