Chansons minimalistes de Musseau et Caron

Élise Caron et Michel Musseau soignent leurs mots comme des dresseurs de puces, une homéopathie où la dose minimale sauverait la vie des désespérés de la mélodie simple. Les amateurs d'Erik Satie y reconnaîtront leurs petits, pour l'humour grave et la légèreté des doses. Ces trois albums prolongent le plaisir ou permettent de découvrir ces deux magnifiques fleurons de la chanson française...

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J'ai tant écrit de louanges sur les auteurs-compositeurs-interprètes Élise Caron et Michel Musseau que l'envie de chroniquer les deux rééditions de la délicieuse divette et la nouveauté de mon clown triste préféré est une tentation qui tient de la gageure. L'un et l'autre soignent leurs mots comme des dresseurs de puces, une homéopathie où la dose minimale sauverait la vie des désespérés de la mélodie simple. Les amateurs d'Erik Satie y reconnaîtront leurs petits, pour l'humour grave et la légèreté des doses.

Récemment Élise Caron reprenait certaines des Chansons pour les petites oreilles et d'Eurydice Bis dans des adaptations Orchestrales commandées à plusieurs compositeurs dont Michel Musseau et accompagnée par l'ensemble de tango Las Malenas. Les premières datent de 2003, les secondes de 2006, millésimes que le label Le Triton exhume de sa cave où les meilleurs crus ont conservé leur bouquet. Christèle Chazelle au piano et Michel Musseau au piano jouet et à la scie musicale (encore lui ?! Probablement parce que je découvris Élise et Michel ensemble sous la direction du compositeur Luc Ferrari il y a tant de temps déjà) jouent à quatre pattes sur le premier ; le pianiste Denis Chouillet (un des autres arrangeurs des Orchestrales), les bassistes Sylvain Daniel ou Daniel Diaz, le clarinettiste Bruno Sanalone sont du second. La propre fille d'Élise, Gala Collette, a signé la conception graphique de l'un et l'autre.

La couverture de Petites histoires noires est par contre de Thierry Flamand. Michel Musseau, assis sur les boîtes aux lettres, regarde-t-il le fauteuil vide ou le tableau aussi noir que ses vies dépressives ? Mais l'art de ce Buster Keaton de la chanson française est si tendre qu'il donne envie d'en rire. Je regrette seulement que les a parte composés de quelques mots qu'il sert en scène pour présenter chaque chanson soit absents du disque. J'avais adoré le programme où il partageait la scène avec Élise et que j'avais chroniqué sous le titre Les mots de Musseau et les mets de Caron. Ces trois albums prolongent le plaisir ou permet de découvrir deux artistes originaux, magnifiques fleurons de la chanson française dont l'humilité et la sincérité n'ont d'égales que l'esprit et la bonté.

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