La trilogie Angel commençait bien...

Si le premier volet d'Angel est une énorme surprise, la suite n'a que peu d'intérêt. En 1983 Robert Vincent O’Neill signa un film étonnant rappelant les thrillers de Brian de Palma. Tournées en caméra légère et sans autorisations, les séquences sur Hollywood Boulevard confèrent au film son authenticité. Quant à Donna Wilkes, "lycéenne modèle le jour, prostituée la nuit"...

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J'avais été intrigué par la publication en Blu-Ray du coffret Angel par Carlotta dont les sorties frisent presque toujours l'excellence. Il faut bien dire qu'en matière de cinéphilie l'éditeur français choisit souvent le haut du panier, tournant également des compléments de programme passionnants ou sous-titrant leurs éditions originales, bonus exclusifs dont les adeptes de la dématérialisation des supports ne peuvent pas bénéficier. Je n'avais donc jamais entendu parler de cette trilogie qui semble avoir fait d'autres petits, puisqu'il s'agit d'une série franchisée, ce qui signifie que les rôles récurrents sont tenus par des comédiens différents, idem pour les réalisateurs, un peu comme James Bond. Je donne cet exemple parce qu'a priori ce n'est pas ma tasse de thé, mais la promo annonçait qu'Angel "dépoussiérait avec panache le genre très masculin du vigilante movie".

Angel (1984) ORIGINAL TRAILER [HD 1080p] © HD Retro Trailers
J'étais curieux, mais restais dubitatif. Or le premier volet d'Angel est une énorme surprise. Robert Vincent O’Neill, avec le soutien du scénariste Joseph Cala, signe un film étonnant qui rappelle les thrillers de Brian de Palma. Tournées en caméra légère, l'Arriflex, et sans autorisations, les séquences sur Hollywood Boulevard confèrent au film son authenticité. La jeune comédienne Donna Wilkes, "lycéenne modèle le jour, prostituée la nuit", et tous les autres rôles véhiculent une telle barjitude qu'ils confèrent à ces années 80 leur authenticité. Filmant à l'arrache en quatre semaines, le réalisateur doit jouer d'une roublarde intelligence pour arriver à ses fins. Il soigne ses cadres, la lumière, la profondeur de champ pour tout recaler au montage, exercice de haute-voltige.

Si ce premier volet est axé sur un tueur en série évidemment tordu, le second est basé sur une vengeance dont on n'a rien à faire, mais c'est surtout une catastrophe. Dans les bonus, Robert Vincent O’Neill explique ce qui se passe quand des producteurs imposent leurs vues sans discernement. La nouvelle comédienne n'a ni la fraîcheur ni le peps de la première, et ce n'est même pas un banal film de série B comme au moins le troisième volet, dit Le chapitre final, celui-là réalisé par Tom DeSimone, produit sans en avertir les auteurs précédents. On a l'impression que le nouveau réalisateur (ou les producteurs ?) a inventé une histoire pour montrer des filles nues, en veux-tu en voilà ! C'est l'image qui reste de ce film d'action dans le milieu de la prostitution.

La faillite des volets 2 et 3 ne doit pas faire de l'ombre à l'Angel filmé en 1983. L'entretien Avec Robert Vincent O’Neill, qui avait travaillé comme chef accessoiriste sur Easy Rider, donne envie de voir ses autres œuvres comme Blood Mania, film d'épouvante de 1970...

Coffret Angel (Angel, La vengeance, Le chapitre final), 3 Blu-Ray Carlotta, 40€

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