Le nez dans le guidon

Lorsque je suis penché sur des questions techniques, que ce soit pour arracher l'énorme lierre du mur du jardin ou tenter de comprendre de nouveaux logiciels informatiques, je deviens monomaniaque. C'est un comble pour un touche-à-tout shivaïque habituellement incapable de ne pas répondre instantanément à toute sollicitation extérieure !

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Lorsque je suis penché sur des questions techniques, que ce soit pour arracher l'énorme lierre du mur du jardin ou tenter de comprendre de nouveaux logiciels informatiques, je deviens monomaniaque. C'est un comble pour un touche-à-tout shivaïque habituellement incapable de ne pas répondre instantanément à toute sollicitation extérieure ! Remettre les choses à plus tard risquerait de les faire tomber dans une oubliette où s'amoncelleraient les corps des sujets que la procrastination aurait désignés. Je me tortille sur mon siège plutôt qu'aller pisser, j'en oublie même parfois de manger. Un comble ! Le lierre, c'était la semaine dernière et ce sera la prochaine. J'y vais par bouts tant les lianes résistent et le volume de déchets végétaux est encombrant...

Ayant acquis plusieurs plug-ins de son extra-ordinaires pour mon ordinateur, je désirais les utiliser en live plutôt qu'en traitement après enregistrement. Or cela est impossible sans un logiciel approprié. J'en cherchais donc un qui soit aussi simple que la toile d'araignée qu'élaborent les guitaristes avec leurs pédales d'effets. Ceux-ci doivent choisir s'ils les connectent en série ou en parallèle, et surtout dans quel ordre les brancher, puisqu'un traitement en amont est affecté par celui en aval. Je savais l'opération possible avec Cubase, mais trop lourde et peu pratique en concert. Francis Gorgé me suggère Mainstage que je possède déjà, et, mieux, Audiostrom ou Gig Performer. Mes tests me font choisir ce dernier, le plus cher, zut ! Je peux juger de l'ergonomie en constatant ma faculté de comprendre comment faire ce que je souhaite et à quoi servent les commandes que je n'avais pas prévues. Évidemment c'est toujours simple quand on sait comment faire et compliqué lorsqu'on s'y penche la première fois. J'ai donc passé la journée de lundi à connecter mes deux échantillonneurs virtuels, Kontakt et UVI WorkStation, aux effets spéciaux VST ou AU, composant les interfaces dont j'ai besoin en reliant boutons et potentiomètres aux fonctions barjos de mes plug-ins Eventide ou GRM Tools. En fait, j'avais commencé par trafiquer ma voix avec H3000 Factory, BlackHole et Fission. L'idée première était de m'éviter d'emporter mon gros H3000 à chaque concert. Convaincu, il me reste à débourser 149$ pour Gig Performer qui ne fonctionnera plus d'ici 12 jours lorsque la version de démonstration sera arrivée à son terme.

Plein de studieuses résolutions, j'ai attaqué le lendemain la nouvelle version de Cubase, ayant sauté récemment de la 6 à la 9.5 ! Et v'lan 299 € de plus... Ce genre d'opérations s'exécute seulement lorsqu'on a terminé un projet, en l'occurrence le design sonore et la musique composés avec Sacha Gattino pour l'exposition Effets spéciaux, crevez l'écran ! à la Cité des Sciences et de l'Industrie, et avant d'en entamer un autre, du moins sous leurs aspects techniques. Actuellement en attente ou en préparation de créations plus ou moins lointaines, j'ai d'abord pris le temps de faire des copies de sécurité de mes disques durs, Terra après Terra, et quelques rangements dont je profiterai plus tard. Donc nouvelle prise de tête, déjà pour que sorte le premier son, puis pour comprendre les nouvelles fonctions du logiciel que j'utilise depuis sa préhistoire, le Pro24.
Tout ceci pour justifier que je n'ai pas le temps d'écrire mon article aujourd'hui !

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