IL Y A 55 ANS: LE "DEJEUNER SUR L'HERBE" DE GODARD. PARTIE UNE

Il à 55 ans, le 16 mars 1960, sortait à Paris « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard


Tel « Un Déjeuner sur l’herbe »

D‘abord, « A bout de souffle » (A.B.S)- 799 000 entrées en sept semaines- ne fut jamais un film «maudit» , pas plus que Godard un « cinéaste refusé ». Du moins, de 1960 à 68. Film mythique, film culte d’une génération nouvelle de cinéastes et aussi de spectateurs/cinéphiles, prenant ce déjà vieux cinoche pour un Art, A.B.S, a, bien sûr, engendré des émules et des petits. Pas toujours la hauteur du modèle, créant souvent ennui et sectarisme. Fut-il, avec l’apparition et l’invasion de la télé, et d’une soit disant société des Loisirs, l’une des causes de l’inexorable défection du public populaire pour les salles obscures, ou bien un simple épiphénomène ?
A.B.S tout en étant bien imprégné de l’air d’un temps nouveau, à la mi-temps des 30 Glorieuses, demeure néanmoins une œuvre de rupture. Une modeste et partiale participation au débat en 9 chapitres.


1. A.B.S et Paris
Tourné en décors «naturels» et en extérieurs (même les intérieurs) A.B.S reste un authentique Road Movie. Mieux, après l’ouverture à Marseille et tout au long de la N.7, un «City Movie». En fait un film dans, sur et avec Paris. Sept arrondissements sont traversés. On reconnait la Cité/Notre Dame, le quartier Latin, les Grands Boulevards, Rivoli/Concorde, Les Champs Elysées et Montparnasse, avant le tragique final de la rue Campagne Première (14e). Poiccard y déambule d’un endroit l’autre, chemine vers la mort inéluctable, sans cesse en mouvement, à la recherche de l’amour, d’un chèque libérateur et de sa vérité. Bien sûr, on songe immédiatement à «Deux hommes dans Manhattan» de Melville sorti en décembre 59, ou encore à «Touchez pas au Grisbi» (1954) de Jacques Becker, et surtout au « Petit fugitif » (1953) redécouvert il y a peu (2009) mais qui n’avait pas échappé, à sa sortie, aux «Cahiers du Cinéma » (Janvier 1954) ni à André Bazin, Godard et son opérateur Raoul Coutard. Le film de Ray Ashley et Morris Engel, (qui reçu alors une lettre de Godard) serait selon Alain Bergala « le chaînon manquant entre le néo réalisme italien et la nouvelle vague française ». Par ailleurs, Poiccard a tout du fugitif et d’un «grand enfant».
A suivre….

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