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Le Club de Mediapart sam. 30 avr. 2016 30/4/2016 Dernière édition

Lamentable dérapage final de la doyenne Helen Thomas

La journaliste américaine Helen Thomas était, jusqu’au dimanche 6 juin 2010, une exception pittoresque. A 89 ans elle était la doyenne des journalistes accrédités à la Maison Blanche. Elle avait commencé sa carrière pendant la campagne électorale de John Kennedy en 1960, lorsqu’elle avait été chargée, par son employeur depuis 1943, l’agence de presse internationale UPI, United Press International, de suivre plus particulièrement Jackie Kennedy, ce qui n’était pas vraiment une garantie de compétence pour devenir journaliste politique. Néanmoins Helen Thomas s’était installée, était restée et avait connu neuf présidences.

 

Dire qu’elle était appréciée serait très exagéré. John Kennedy disait d’elle : She would be a nice girl if she’d ever get rid of that pad and pencil, ce qui signifie : ce serait une fille agréable si seulement elle se débarrassait de ce stylo et de ce bloc-notes. Selon le Guardian du 9 juin, Fidel Castro, à qui l’on demandait la différence entre la démocratie à Cuba et aux Etats-Unis, aurait répondu : I don’t have to answer questions from Helen Thomas, donc, à Cuba, je n’ai pas à répondre aux questions d’Helen Thomas, ce qui, au vu du lamentable bilan du lider maximo, serait plutôt un compliment. Colin Powell, ex-général et ex-secrétaire d’état à la défense, était beaucoup plus abrupt, comme le rappelle le New York Times du 6 juin : Isn’t there a war somewhere we could send her to? N’y-a-t-il pas une guerre quelque part où on pourrait l’envoyer ?

 

Donc Helen Thomas était redoutée, car elle posait toujours les questions qui fâchent sur un ton abrupt, de manière répétitive. Elle fut, dernièrement, l’objet d’une attention particulière du président Barack Obama, qui, apporta lui-même à la doyenne le gâteau d’anniversaire dans la salle de presse de la Maison Blanche. Elle avait, fait unique, un siège au premier rang avec ses nom et prénom, inscrits sur le dossier, et, bénéficiait d’un statut particulier, sans pour autant jouir d’un respect illimité de la part de ses collègues, d’autant qu’elle avait quitté UPI pour devenir éditorialiste de la presse Hearst, équivalent américain du groupe Lagardère ou de feu l’empire Hersant. Or la White House Correspondents’ Association ne goûtait guère ce coup de force, puisque, normalement, les éditorialistes ne sont pas accrédités à la Maison Blanche.

 

Tout le monde semblait s’accommoder de la présence de cet étrange personnage, américaine de l’Amérique profonde, née à Detroit de parents immigrés libanais, jusqu’à ce qu’un rabbin, en visite à la Maison Blanche, ne reconnaisse, en elle, la vielle dame indigne qui l’avait agressé verbalement, quelques jours plus tôt, en ces termes : Jews should get the hell out of Palestine and go home to Poland, Germany and America and everywhere else, ce qui signifie : les Juifs devraient foutre le camp de la Palestine et rentrer chez eux en Pologne, en Allemagne, en Amérique et partout ailleurs dans le monde. L’émotion a été d’autant plus profonde que, comme le rappelle le Los Angeles Times dans son édition du 6 juin, Helen Thomas a été une référence d’indépendance pour plusieurs générations d’américaines qui se destinaient au journalisme.

 

Sénilité ? Véritable nature ? Sa démission était inévitable. La vidéo de YouTube est révélatrice d’une pensée qui met un terme lamentable à une carrière d’exception. Go home, now Helen! It’s high time

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Tous les commentaires

Faire le buzz à l'antisémitisme chaque foi qu'on parle un peu vivement de la Palestine n'arrange rien ni pour lutter contre l'antisémitisme, ni pour trouver une solution humaine à ce problème qui deviendra de plus en plus douloureux.

Il n'est pas aquestion de vomir comme je viens de le lire mais pour les juifs occidentaux qui ne sont pas pris au piège de la haine comme les israéliens.il est grand temps de retrouver un peu de sérénité de recul et de générosité il est grand temps de prendre plus de recul sur les drames du passé.

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L'auteur

Jean-Louis Legalery

professeur agrégé et docteur en anglais retraité, membre du CA de la Convention pour la 6ème République.

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