LA COUR PENALE INTERNATIONALE A GEOMETRIE VARIABLE George Walter BUSH, Benyamin NETANYAHOU, Nicolas SARKOZY… WANTED

LA COUR PENALE INTERNATIONALE A GEOMETRIE VARIABLE

George Walter BUSH, Benyamin NETANYAHOU, Nicolas SARKOZY…WANTED

RECHERCHE DES CAUSES ET DES RESPONSABILITES

Notre société, obsédée de sécurité, met en œuvre de manière admirable toute sa science, toute sa technologie et toute son expérience acquise pour élucider les milliers d’accidents qui arrivent chaque jour dans le monde, en particulier ceux qui concernent les transports en commun.

Ces dernières semaines, avec la série d’accidents d’avion, les responsables politiques, les directeurs de compagnies aériennes, les constructeurs d’avion, les responsables du transport aérien international, des pilotes à la retraite et une foultitude d’experts sont venus sur nos chaînes de télévision nous exposer leurs positions, expliquer leurs décisions et présenter leurs hypothèses, nous rendre compte de l’avancement des enquêtes, du déchiffrage des boîtes noires… Rien n’est laissé au hasard : il faut savoir, il faut découvrir les causes. Pourquoi ? Pour prévenir l’avenir.

Derrière la recherche des causes, il faut aussi établir les responsabilités. Car, derrière une catastrophe aérienne, sont en jeu de gros intérêts financiers entre le rapatriement et l’indemnisation des victimes, le coût de l’appareil, les frais d’enquête…

On ne peut qu’admirer et féliciter ce travail de patience, de recherche d’indices, de reconstitution, de déchiffrage dans ce domaine des accidents comme des catastrophes naturelles.

APPLIQUEE AUX AFFAIRES HUMAINES… UNE RECHERCHE SELECTIVE

Par contre, il est étrange et on peut s’étonner que nos sociétés s’interrogent beaucoup moins sur les événements socio-politiques déclenchés par les décisions de nos dirigeants et qui peuvent provoquer des dégats humains et matériels beaucoup plus considérables. Ou du moins, et c’est là le plus suspect, leur questionnement apparaît à tout le moins sélectif.

En dehors des tribunaux internationaux intérimaires qui ont jugé les crimes commis dans des pays particuliers (ex-Yougoslavie, Rwanda, Sierra Leone, Liban), « la Cour Pénale Internationale est une juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d'agression et de crime de guerre. A ce jour, elle a ouvert une procédure d’enquête dans sept cas, tous en Afrique : l’Ouganda, la République démocratique du Congo, la Centrafrique, le Soudan, le Kenya, la Libye et la Côte d’Ivoire. La Cour a mis en accusation seize personnes, dont sept sont en fuite, deux sont décédées (ou supposées telles), quatre sont en détention, et trois se sont présentées volontairement devant la Cour. Une enquête est ouverte sur le Mali[1] ». Depuis 2011, Laurent Gbagbo, soupçonné d’avoir fait ou laissé commettre des crimes contre l’humanité contre quelques milliers de personnes est en prison à la Haye où il a rejoint Jean-Pierre Bemba, accusé des mêmes crimes pratiqués en République Centrafricaine.

On peut, là encore, féliciter la recherche des responsabilités et le refus de l’impunité. Mais, n’y a-t-il des criminels qu’en Afrique ?

Aujourd’hui, avec l’entrée en action de l’aviation américaine, oubliant la Syrie et la guerre Israël-Hamas à peine achevée à Gaza, tous les regards sont tournés vers l’Irak où les milices djihadistes de l’EI (Etat Islamique) assassinent sauvagement, pillent, pourchassent les minorités chrétiennes et la minorité yazidi. Mais « "ces fous " ne sont pas apparus en une nuit : ils étaient déjà là en 2003, 2004 et toutes les années qui ont suivi. Les Américains et leur coalition les ont combattus, dépensant des millions de dollars dans cette " guerre contre la terreur " où ils ont perdu plusieurs milliers d’hommes. Ils n’en sont pas venus à bout »[2]. Mais il y a dix ans déjà que les massacres de chrétiens ont commencé ainsi que leur exode. « Le silence gêné mais implacable des chrétiens d’Occident sur ces événements a stupéfait, déçu et meurtri les chrétiens d’Orient »… Et « la minorité yezidi vit dans de très piètres conditions depuis des années déjà, ses membres sont traités de ‘satanistes’ par les musulmans sunnites, mais, jusqu’à vendredi [8 août 2014], pas un haut-fonctionnaire américain ne s’en était ému »[3].

De plus, l’avancée ultra-rapide de l’EI en Irak doit être mesurée à l’aune de la désintégration de l’Etat irakien qui remonte à la chute même de Saddam Hussein et que les américains n’ont jamais réussi à enrayer jusqu’à leur départ. Les djihadistes n’ont pas eu de peine à s’équiper en récupérant les armes abandonnées par l’armée irakienne en déroute, reliquats de l’armée américaine qui n’a pas pu tout emporter avec elle lors de son retrait fin 2011. Sans compter le trésor de guerre qu’ils se sont constitué grâce aux prises d’otages et au pillage de la banque centrale de Mossoul.

Mais la recherche des causes doit remonter plus haut que ces derniers événements, jusqu’à la décision même du Président américain, George Walter Bush, de déclencher la guerre contre l’Irak. Décision prise sans l’accord des Nations Unies et sur la base de mensonges, avec comme visée : apporter à toute cette région du Moyen Orient la civilisation. « Cette guerre est à ce jour l'unique mise en œuvre du concept de guerre préventive développé par l'administration Bush pour parer à la menace des armes de destruction massive dont cette dernière affirmait à tort détenir la preuve dans un rapport présenté au conseil de sécurité de l'ONU le 12 septembre 2002 »[4]

Troisième guerre du Golfe, la guerre d'Irak a commencé le 20 mars 2003 avec l'invasion de l'Irak, dite "Opération libération de l'Irak ", par la coalition menée par les États-Unis contre le Parti Baas de Saddam Hussein. En cinq semaines, l'armée irakienne a été vaincue. Quelques mois plus tard, Saddam Hussein est arrêté, jugé et exécuté pour crime contre l’humanité. Dès le 1er mai 2003, le président George W. Bush a officiellement déclaré l'achèvement des combats :" Mission accomplie ". 

Selon les sources, la guerre aurait tué entre un peu plus de 100.000 et 1.440.000 civils et quelque quarante mille combattants. Deux millions de personnes ont quitté leur pays. Le coût de la guerre varie entre 815 milliards et 4.000 milliards de dollars.

Après la chute de Saddam Hussein, des éléments de l’armée irakienne qui a été dissoute par l’occupant américain dès son arrivée se sont coalisés avec diverses tribus sunnites pour entretenir, jusqu’au départ des américains, par des enlèvements et des attentats, un climat d’insécurité, voire de terreur. Les choses ont empiré et se sont accélérées après leur départ en 2011 jusqu’à la « découverte » des événements de ces derniers jours qui émeuvent, enfin, la communauté internationale…

Tel est le bilan d’une guerre éclair de cinq semaines, suivie de huit années d’occupation et de lutte sans merci et sans succès contre toutes sortes d’insurrection, qui se prolonge par une sorte de guerre civile des plus sauvages.

Qui est le responsable de tous ces massacres et de toutes les destructions qui les ont accompagnés ? Qui assume les conséquences de cette guerre qui se poursuit aujourd’hui, obligeant les américains à revenir, tardivement, achever le travail, mais au seul motif de protéger leurs concitoyens ? Ceux qui ont déclenché cette guerre interminable répondront-ils un jour de leurs mensonges ? Qu’attend la Cour Pénale Internationale pour convoquer et entendre l’ancien Président George Walter Bush et Ronald Rumsfeld, son Secrétaire d’Etat à la Défense, avant de le juger ?

Mais Bush n’est pas le seul qui mériterait des poursuites de la Cour Pénale Internationale. L’apprenti sorcier Nicolas Sarkozy qui, outrepassant le mandat des Nations Unies, a ouvert la boîte de Pandore Lybienne, n’est pas étranger au chaos dans lequel se trouve ce pays actuellement. Ces généreux « libérateurs » de peuples opprimés portent la lourde responsabilité des conséquences de leurs décisions.

Evidemment, Benyamin Netanyahou, ainsi que son ministre « pousse au crime » des affaires étrangères, Avigdor Liberman, qui, au nom de la sécurité d’Israël, viennent de massacrer des milliers de civils palestiniens dont un grand nombre de femmes et surtout d’enfants ont certainement leur place devant le tribunal de la Cour Pénale Internationale.

Et sans doute aussi Bachar el-Assad qui massacre son peuple depuis plus de trois ans. Et pourquoi pas Vladimir Poutine qui a tenté de mater la Tchétchénie, annexé récemment la Crimée…

En l’état actuel des choses, notre appel n’a, évidemment, aucune chance d’aboutir. En effet, à la différence des chefs d’Etat africains, ceux qui sont nommés ici, à l’exception de Bachar el-Assad, appartiennent ou sont proches des cinq pays intouchables du Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est donc cet état des choses qu’il faudrait changer pour que la justice puisse s’exercer de manière universelle et non sélective, comme maintenant, réservant l’immunité aux plus puissants.

 


[1] Site « Tribunal Pénal International »

[2] Blog de la reporter de guerre et journaliste indépendante Anne Nivat dans Mediapart le 12 août 2014.

[3] Ibidem.

[4] Wikipédia : « Guerre d’Irak »

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