LEGALISATION DE L’AVORTEMENT EN ARGENTINE : VIVE LES ARGENTINES !

La légalisation de l'avortement en Argentine les libèrent de la clandestinité à laquelle elles étaient contraintes. Cette victoire des femmes est par contre une grande défaite pour l'Eglise catholique et les évangélistes.

LEGALISATION DE L’AVORTEMENT EN ARGENTINE : VIVE LES ARGENTINES !

In extremis, juste avant la fin de l’année 2020, après l’échec de 2018, le deuxième essai a été concluant : le 30 décembre, l’Argentine devient le 4ème pays d’Amérique du Sud autorisant l’avortement jusqu’à la 14ème semaine. Ce vote du Sénat confirmant celui de l’Assemblée nationale sonne comme une victoire des femmes qui l’ont célébré dans une joie exubérante toute la nuit qui a suivi le vote. C’est pour elles la libération de l’angoisse de maternités non voulues ou subies et l’accès à la maîtrise de leurs corps.

Attention ! En fait, ce n’est pas l’avortement qui est fêté, mais sa légalisation, c’est-à-dire la possibilité de le faire pratiquer au grand jour et non plus dans une clandestinité dangereuse et culpabilisante. En effet, en lui-même, l’avortement reste un mal, même et surtout pour les femmes qui sont amenées à le demander. Sa légalisation permet seulement qu’il devienne un moindre mal en évitant les centaines de milliers d’avortements clandestins (entre 370.000 et 520.000 selon les autorités) qui font mourir des dizaines de femmes et angoissent toutes celles qui recourent à des techniques dangereuses.

Par contre, c’est une grande défaite pour l’Eglise catholique et pour les évangélistes qui ont manifesté en grand nombre pour s’opposer jusqu’au bout à l’adoption de la loi en essayant de peser sur le vote des sénateurs. C’est là que la position de l’Eglise manifeste sa contradiction : en effet, dans sa prétention à défendre la vie, elle devient en fait criminelle puisqu’elle cautionne l’interdiction qui entraine les avortements clandestins dangereux et la mort de nombreuses femmes. En s’opposant à l’avortement comme aux méthodes contraceptives, elle montre qu’elle n’a toujours pas réglé ses comptes avec la sexualité humaine.

On peut espérer que cette victoire du droit entraînera les autres pays d’Amérique du sud à imiter l’Argentine en légalisant l’avortement. Au-delà de la légalisation de l’avortement, elle donne aussi un élan puissant aux mouvements féministes qui pourra permettre aux femmes de prendre toute la place qui leur revient dans les sociétés sud-américaines.

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