Ne pas succomber à la haine.

Et plutôt élever le débat.

Difficile de ne pas y succomber devant ce président totipotent dont la seule pensée monosynaptique affligeante, tout comme sa sémantique, est celle du management à outrance dans un monde libéral sauvage enrichissant toujours les mêmes lobby aux dépens des peuples citoyens de la planète.

Il ne doit pas oublier la fragilité de son élection, par dépit, reposant sur un malheureux concours de circonstances. L’adhésion à son programme et à sa personne représente un cinquième de l’électorat au premier tour de l’élection présidentielle et sa majorité parlementaire soumise a été élue avec une abstention de plus de 50 % du corps électoral.

Est-il décent de ne pas tenir compte de cet état de fait dans une gouvernance. Non.

Un état n’est pas une entreprise. Un président de la République n’est pas un patron et les citoyens encore moins des actions ou des dividendes.

Il est grand temps d’élever le débat sans se voiler la face.

L’ère capitaliste de l’humanité est et doit être en fin de cycle, telle la chute de l’empire romain, pour céder la place à un nouvel ordre mondial humaniste. Si nous ne réagissons pas, nous courons à notre propre perte quand nous serons 10 milliards d’individus sur notre planète, après demain, en 2050.

L’heure est venue à l’abolition du dictat de la croissance dans une nouvelle mondialisation et au partage des connaissances, du travail et des richesses entre citoyens à l’échelle nationale et internationale. Il est insupportable de constater, dans notre pays, la vague déferlante de notre misère sociale entrainant dans son courant, de plus en plus chaque jour, des enfants, des femmes et des hommes dans la précarité sociale et physiologique. Les SDF se voient mais pas ceux vivant dans des hôtels insalubres tenus par des marchands de sommeil sans scrupule, comme on ne voit pas les étudiants sautant des repas dans leurs chambres de bonne à Paris, les chômeuses et les chômeurs en fin droit prêt à sortir des statistiques … et de la société, les personnes âgées dépendantes survivant à des retraites indécentes et les migrants dans leur clandestinité. Les débats de petits bourgeois sur la PMA ou la GPA sont actuellement hors sujet devant ce constat glaçant : la pauvreté tue, la richesse non.

La modernité d’une femme ou d’un homme politique doit se reconnaitre dans cette prise de conscience devant être le moteur de sa pensée et de son action.

C’est loin d’être le cas de notre président, plus proche de ses amis nantis, même si cela doit passer par l’augmentation du nombre de citoyens français sous le seuil de pauvreté passant de 1 sur 7 à 1 sur 4 comme en Grèce, et plus préoccupé par son image, en étant hélitreuillé tel un gignolo sur un sous-marin nucléaire ou en étant photographié avec Schwartzy dans un selfie. On tutoie la bobeaufculture !

Ainsi à quoi serviront alors l’organisation des JO à Paris, si ce n’est être le cache misère de nos favelas et satisfaire l’égo des p’tits bobourgeois tout en enrichissant les plus riches.

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