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Billet de blog 1 août 2022

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A vot’ bon coeur m’sieurs les patrons. . .

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“Continuez donc à vous engraisser sur le dos de la population, nous ne ferons rien qui puisse restreindre vos marges et entraver la progression de vos bénéfices, remplissez vos poches et celle de vos actionnaires, nous n’y trouvons rien à redire et nous vous encourageons à continuer ” c’est en quelque sorte le message adressé par le gouvernement aux profiteurs de crise et notamment aux grands groupes fournisseurs d’énergie comme Total ou Engie dont les résultats du premier semestre 2022 se sont envolés. Bruno Le Maire est “fier des résultats de nos entreprises tricolores et surpris de voir à quel point on accable aujourd’hui de tous les maux des entreprises françaises qui affichent de bons résultats » !!

Le ministre de l'Économie est apparemment un adepte de la théorie du ruissellement mais il s'agit ici du ruissellement inversé : ça ruisselle en continu mais du bas vers le haut. Des centimes grappillés sur tous les produits et les services de première nécessité s'accumulent en milliards dans les comptes des grandes fortunes. Et ces grandes fortunes ont devant elles cinq ans de tranquillité fiscale assurée.

Un cap a été franchi dans l’ignominie et le cynisme. En refusant de mettre en place une taxe exceptionnelle de solidarité frappant les sociétés qui profitent de la hausse du coût de l’énergie, le gouvernement renonce à la plus élémentaire justice et fait en outre très clairement le choix d’accroître encore les difficultés des populations les plus démunies car ce sont elles qui pâtiront le plus de la réduction des aides et services publics qui sont inévitables dans un contexte de restriction budgétaire et de remboursement accéléré de la dette publique.

Le cap est très clair : c’est à droite toute ! Sous le gouvernement d’Elisabeth Borne, l’aile gauche de l’Assemblée nationale sera ignorée, méprisée, vilipendée. Il n’ y aura pas la moindre ouverture aux propositions de la NUPES, considérée d’ailleurs comme en dehors du champ républicain par des formations politiques qui en ont préempté les contours tout en foulant au pied la devise de la République qui n’est plus qu’un slogan publicitaire sans lien avec la réalité d’un pays livré aux appétits de la finance.

Il n’y a rien à attendre des futurs débats et votes parlementaires. La macronie va trouver une majorité à géométrie variable mais systématiquement en direction de la droite extrême. L’Etat va continuer, comme il le fait systématiquement depuis cinq ans, à jouer contre l’Etat en se rangeant du côté des entreprises privées, en refusant d’assumer son rôle de redistribution et de protection vis-à-vis des plus vulnérables. Les travailleurs sont avertis, ils ne trouveront aucun secours, bien au contraire, du côté de la puissance publique, ils sont entre les mains du patronat et ne peuvent compter que sur sa bonne volonté pour limiter les conséquences de l’inflation. A vot’ bon coeur m’sieurs les patrons. . . Nous voilà revenus quasiment deux siècles en arrière, au temps des maîtres de forge et des dames patronnesses. L’aumône est bien dans l’esprit d’une époque marquée par le rabougrissement des droits alloués aux travailleurs.

Mais la charité et l’impôt sont bien différents. Alors que l’impôt peut permettre d’orienter la consommation et l’octroi d’aides ciblées et différenciées, les gestes "charitables''- que l’on peut aussi qualifier de promotionnels - de la part des entreprises vont bénéficier en priorité à leurs plus gros clients. Ainsi, la remise de vingt centimes par litre de carburant du 1er septembre au 1er novembre, annoncée par TotalEnergies, est particulièrement contre-productive du point de vue environnemental et social puisqu’elle va bénéficier particulièrement aux plus gros rouleurs qui se trouvent d’ailleurs parmi la population la plus aisée. Il est vrai que le gouvernement en pratiquant le même type de ristourne a cédé à la facilité et n’a pas montré l’exemple. Mais peut-il montrer l’exemple dans quoi que ce soit ?

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