Les mauvais temps du macronisme

Le totalitarisme néolibéral s’installe à pas mesurés mais gagne sans arrêt du terrain. Dans sa volonté d’imposer son idéologie, de briser les résistances,  et de bouleverser le champ politique traditionnel, Emmanuel Macron, esprit machiavélique, ne laisse rien au hasard, tout est calculé, soupesé, évalué à des fins de domination et de manipulation. Le  calendrier des réformes et des annonces s’inscrit indiscutablement dans le cadre de sa pratique jupitérienne du pouvoir ; le temps, lui aussi, doit être dompté, domestiqué. Notre monarque n’avait il pas déclaré  dès le début de son quinquennat qu’il entendait être le maître des horloges ? Il sait qu’en politique comme ailleurs , pour arriver à ses fins, tout est une question de tempo, il faut savoir attendre son heure, patienter jusqu’au moment propice qui va permettre d’atténuer le choc des mauvais coups portés aux classes populaires ou, a contrario, de  limiter la portée de mesures, d’une politique que l’on ne souhaite pas réellement mettre en place. Parfois des actions ou des communications à contre-temps arrangent bien les choses. . .

Attendre que les élections européennes soient passées avant de communiquer sur le plan de licenciement de Général Electric. . .

Attendre l’arrivée de l’été  avant d’annoncer la hausse des tarifs de l’électricité. . .

Attendre que la mobilisation des gilets jaunes marque le pas pour commencer à se soucier des violences policières et faire mine de se draper dans des vertus républicaines en  rappelant aux policiers, par le voix du procureur de Paris Rémy Heitz, qu’ils se doivent, eux-aussi, de respecter la loi et que les responsables de violences illégitimes pourraient bien   comparaître en correctionnelle.

Après avoir lâché les chiens on fait mine de leur montrer la niche ou la laisse mais sans conviction ; on calme les plus excités mais il n’est pas question de leur mettre la muselière, les exigences républicaines ont tout de même des limites !  le pouvoir compte bien s’appuyer encore sur sa police et il use à son égard d’une main de velours dans un gant de fer. Le secrétaire d’Etat Laurent Nunez ne les rappelle pas - c’est le moins qu’on puisse dire - trop fermement à leur devoir en estimant que “les choses se sont quand même globalement bien passée en matière d'ordre public" et que "ce n'est pas parce qu'une main a été arrachée, parce qu'un œil a été éborgné, que la violence est illégale" ; il a aussi tenu à rassurer  a rassuré les forces de l’ordre sur leurs futures conditions de travail : il  ne compte pas les priver de moyens et interdire l’usage d’armes potentiellement  létales et décriées par la communauté internationale

Bref, on communique sur l’air d’une république respectueuse des droits de l’homme, soucieuse de l’égalité des droits entre citoyens mais la musique de fond reste la même et c’est quand même plutôt le bruit des bottes que l’hymne à la joie.

Le peuple est prévenu : ce gouvernement qui estime avoir la légitimité des urnes pour mener sa politique compte bien continuer à terroriser les manifestants et déployer toute la violence d‘Etat nécessaire afin de maintenir le cap.

Pour Emmanuel Macron et ses ministres, le temps de l’apaisement  n’est pas venu, ils vont continuer à mépriser, à insulter, et à rudoyer tous les “réfractaires” aux réformes.  

Pour le peuple de gauche, le temps passe  et ce n’est pas encore, malheureusement, le temps des cerises.

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