Les prévisions morbides d’Emmanuel Macron

Le mouvement des gilets jaunes ne faiblit pas. Il entend investir à nouveau les rues parisiennes ce samedi, il défie le pouvoir en place.

Emmanuel Macron hué, vilipendé lors de sa visite au Puy en Velay, a compris qu’il ne pourrait sauver son mandat qu’en prenant appui sur des pulsions, des émotions  encore plus fortes que la colère et le rejet qu’il suscite désormais chez les citoyens.  On ne lutte pas contre la colère en communicant. La peur est désormais son seul recours.

Alors, il lui faut, dans un premier temps, désavouer son Premier ministre et annoncer l’annulation définitive de la taxe sur les carburants.

Il peut ainsi, implicitement, prendre le peuple français à témoin : les raisons de la colère n’existent plus. Dès lors, la manifestation annoncée des gilets jaunes  samedi  à Paris n’a plus lieu d’être.

Puis il communique dans les médias : les forces de police sont inquiètes car elles craignent « un mouvement de grande violence  »« et le déchaînement d’ « un noyau dur qui viendra dans la capitale pour casser et tuer ».

La nouvelle doctrine sécuritaire de  Macron s’affine  et elle est particulièrement inquiétante ! Les manifestants et les opposants au régime sont désormais « des factieux », des « séditieux » prêts à tuer. Dans un tel contexte, les forces de l’ordre auront évidemment toute latitude pour neutraliser ces criminels, des forces de l’ordre qui n’hésitent plus à gazer des manifestants pacifiques à Marseille ( une vieille dame est morte(lire ici)) et à faire usage de leurs flash-balls sur des lycéens ( trois blessés graves  mercredi lors de manifestations lycéennes (lire ici))

Ce pouvoir illégitime se sent acculé, il devient dangereux. La répression est là et elle va s’accentuer. 

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