Emmanuel Macron, en petit père protecteur du peuple

Après les vilains gilets jaunes qui ont terrorisé pendant des mois les commerçants des centres-villes, voici venu maintenant le terrible coronavirus ou covid 19. Pour tous ceux qui vivent du shopping des passants honnêtes, les calamités s’enchaînent. Didier Chaunet, le  Président du syndicat patronal GNI, le Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration, réclame des “mesures drastiques” pour soutenir un secteur économique particulièrement impacté par la baisse de fréquentation touristique. Le responsable de ce syndicat patronal alerte même les pouvoirs publics sur les conséquences de l'entrée en vigueur des nouvelles règles d’indemnisation du chômage ( 6 mois de travail sont désormais nécessaires pour ouvrir des droits), qui vont affecter particulièrement  les travailleurs intérimaires : “ La saison va être raccourcie, et de ce fait, avec les nouvelles règles, nous allons avoir des saisonniers qui vont être sur le carreau car ils n'auront jamais les six mois d'activité saisonnière. C'est exceptionnel, mais à situation exceptionnelle, nous demandons des mesures exceptionnelles". Aujourd’hui, même le patronat dénonce l’âpreté  des mesures de régression sociale imposées par le gouvernement !

Il est probable que Didier Chaunet obtiendra satisfaction sur un certain nombre de points et que le gouvernement débloquera des fonds pour venir en aide aux entreprises mais les nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs, elles, vont sûrement perdurer. “Une des réformes les plus dures socialement qui s’est opérée ces 25 dernières années”, “une tuerie qui va créer des trappes à pauvreté “ selon les termes de Laurent Berger, pourtant peu enclin habituellement  aux critiques trop vives, va résister au Covid 19. Sans aucun doute, et comme d’habitude, ce sont les populations les plus démunies qui seront les plus durement affectées par la crise économique entraînée par une éventuelle épidémie provoquée par le  virus. 

Les périodes de crise jouent toujours le rôle de révélateur du niveau de solidarité d’un système  Avec ce gouvernement pour qui un chômeur est avant tout quelqu’un qui manque de volonté et d’énergie ( puisqu’il lui suffirait souvent de traverser la rue pour retrouver un emploi. . .) , le niveau de protection, notamment vis-à-vis du chômage, s’est considérablement abaissé. Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron s’emploie à réduire et fragiliser l'ensemble de notre système de protection sociale.   

Mais, aujourd’hui, paradoxalement, notre cher  Président, avec l’épidémie qui arrive, endosse le costume de petit père protecteur du peuple ( face à ce virus il convient d’être modeste) et se met en scène en tant que grand organisateur de la résistance à l’invasion virale et  grand laudateur de l’hôpital public. Fidèle à sa stratégie de l’esbroufe, il enchaîne les conseils de défense pour assurer les citoyens qu’il est bien aux commandes et qu’il veille personnellement à l’efficacité du dispositif. Ce coronavirus parasite et infeste la totalité de l’information ; c’est une bataille qui permet de détourner l’attention des médias des autres batailles et sujets qui fâchent,  et de faire diversion. Le pouvoir espère sans doute en faire un antidote à la contestation et à la colère qui n’en finit pas de monter dans la population.   

Le pays est sous tension et,  en de telles circonstances, l’unité nationale doit évidemment prévaloir.  Dans cette situation de crise, “ tous les politiques doivent agir en responsabilité” L’hôpital public est  épuisé, dévasté par une politique irresponsable qui le prive des moyens matériels et humains nécessaires à sa bonne marche  mais il n’est plus temps de polémiquer. Il fait désormais l’objet de toutes les attentions et disposera bien entendu de tous les moyens pour affronter l’épidémie qui s’annonce . . .

Confrontée à cette crise sanitaire, la société de l’individualisme égoïste d’Emmanuel Macron est obligée à un minimum de solidarité pour préserver l’efficacité économique d’ensemble. 

Mais ne nous y trompons pas :  Emmanuel Macron est à la manoeuvre pour protéger avant tout la grande bourgeoisie et le capitalisme.

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