Le choix de l’opprimé

Un cessez-le-feu a donc été décidé entre les combattants du Hamas et l’armée israélienne. Après des jours et des nuits de bombardements, la population de Gaza va pouvoir panser ses plaies et reprendre le cours d’une vie qui ne peut évidemment pas être qualifiée de normale mais qui ne sera pas uniquement absorbée par l’attente de la mort et des destructions. Ce cessez-le-feu n’est pas synonyme de paix et il ne peut l’être tant que les palestiniens vivront reclus dans leurs propres terres, prisonniers, méprisés et opprimés dès la naissance par un geôlier implacable qui dispose de la puissance militaire mais aussi de l’appui quasi-inconditionnel des puissances occidentales et notamment des USA. Comment bâtir une vie, comment se projeter vers l’avenir quand on est palestinien à Gaza ? Israël est perçu comme l’oppresseur, le colonisateur, et l'ennemi à combattre, il ne peut représenter que le désespoir. 

Le conflit israélo-palestinien, né de la volonté sioniste des juifs, ne peut que se durcir et se perpétuer, il n’a pas d’issue. Deux peuples revendiquent une même terre, une terre palestinienne que les juifs considèrent désormais comme la leur, une terre qui leur a été concédée par la communauté internationale à la suite de l’holocauste nazi.   

Dans ce conflit, les passions sont enracinées, les réactions surgissent du tréfonds de l’âme humaine. C’est une tragédie.  

C’est une tragédie qui fait des morts de chaque côté, qui précipite deux peuples dans le malheur.

Mais il est impossible malgré tout de renvoyer dos à dos les deux camps comme si  les adversaires étaient dotés des mêmes armes, avaient  les mêmes responsabilités. 

Il y a d’un côté un peuple qui revendique le droit de vivre sur la terre de ses ancêtres, de l’autre un état colonisateur et expansionniste.  

il y a  d’un côté des tirs de roquettes qui se heurtent au dôme de fer israélien ( et bien sûr, on ne peut le regretter), des tirs de mortier, des lancées de pierres par des résistants qui ne sont souvent que des enfants et de l’autre des avions de chasse F16, des drones, des missiles lancés et  téléguidés par une des armées les plus puissantes et les mieux équipées au monde. 

Le gouvernement  de Benyamin Netanyahou mène une politique raciste de colonisation, d’occupation et d’apartheid, d’ailleurs condamnée à maintes reprises par l’ONU, qui rend les conditions de vie insupportables  pour les palestiniens et qui ne peut que susciter la colère et la violence de la part des populations directement concernées mais aussi dans tout le monde arabe.  Pour les dirigeants israéliens, comme pour la frange la plus extrémiste de la communauté juive française qui monopolise la parole dans les médias, la révolte palestinienne est présentée comme un combat entre “ un pays démocratique et un groupe terroriste “Le Hamas” “ qui ne regarde pas la communauté internationale. Les opérations militaires menées par Tsahal ne seraient finalement que des opérations de police pour neutraliser des criminels à l’intérieur d’un territoire qui doit être contrôlé par Israël.  

Ce conflit comme beaucoup d’autres tragédies internationales et menaces planétaires illustre l’impuissance de l’ONU et  l’impossibilité de mener des négociations équilibrées et sincères quand elles contreviennent aux intérêts stratégiques des grandes puissances qui coïncident d’ailleurs  le plus souvent avec les intérêts des grandes firmes. La volonté de ne rien céder est souvent parée des atours de la bonne volonté et de l’empathie mais cet habillage en matière de communication ne trompe plus personne. Prolonger la domination, retarder sans cesse des décisions qui pourraient mettre fin à des injustices et des déséquilibres flagrants, semble bien être la ligne directrice de ceux qui disposent du pouvoir économique et politique. Pour l’intérêt général et l’avenir de la planète, prendre le parti de l’opprimé, se ranger du côté du faible, c’est le plus souvent l’assurance de ne pas se tromper.

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