Pour en finir avec le communautarisme macronien

 

Le terme relève souvent du registre religieux ou ethnique mais il existe de nombreuses formes de communautarisme et l’un des plus dévastateurs pour nos sociétés est certainement le communautarisme politique car il exacerbe et amplifie tous les autres, il  condamne à terme le vivre ensemble. 

Aux USA, Donald Trump ne sera probablement pas destitué.  Malgré les témoignages désormais publics qui se multiplient, malgré les preuves de ses abus de pouvoir, malgré toutes ses outrances, le Président américain continue à bénéficier du soutien de son électorat. A un an des élections présidentielles,  il reste le meilleur atout des Républicains pour conserver le pouvoir et son camp est désormais rentré dans une logique clanique qui prend le pas sur toute autre considération et bafoue les valeurs constitutionnelles des Etats-Unis. Donald Trump est un menteur et un personnage dangereux, il a failli, la raison voudrait qu’il soit destitué mais il reste le chef de son parti. L’éthique, l’universalisme disparaissent pour laisser la place à un communautarisme outrancier.  

En France, nous sommes à mi mandat et Emmanuel Macron défend déjà son bilan. Avec sa mauvaise foi en bandoulière, il  exacerbe les tensions et les passions. Sans réel contre-pouvoir,  le Chef de l’Etat dirige le pays  à sa guise. Les acquis sociaux disparaissent, les inégalités se creusent mais il nous faut être positif et envisager l’avenir avec optimisme, adhérer au mythe d’un monde peuplé de  jeunes entrepreneurs dynamiques, hyper- connectés, fonctionnant en réseaux, à la consommation décarbonée. Il faut pour cela  libérer les énergies, faire confiance au privé, supprimer les protections sociales et environnementales qui brident les entreprises.  La dérive du pouvoir est particulièrement spectaculaire : la collusion d’intérêt est désormais totale entre le monde des affaires et le gouvernement , les lois scélérates se succèdent et les décisions qui engagent notre société pour des décennies sont prises sans concertation et avec un mépris affiché et assumé. Le camp macroniste  considère que le Président a été élu démocratiquement, avec une large majorité et dans un état de droit. . . un petit refrain facile, un argument jugé imparable qui permet  d’être sourd à toute critique, réfractaire à toute contestation. Et le système fonctionne avec l’appui servile d’une haute fonction publique  qui ne songe qu’à faire carrière.

Quand, en marge d’une manifestation, le Préfet de Police de Paris Didier Lallement, s'adressant à une femme « gilet jaune », s’exclame : « Nous ne sommes pas dans le même camp » , il signifie bien qu’il se considère comme un serviteur inconditionnel de l’oligarchie dominante et qu’il n’y a pas de place pour le dialogue, pour la compréhension, pour une discussion civilisée avec des gueux qui osent descendre dans la rue pour manifester leur mécontentement.  Deux mondes différents aux objectifs inconciliables s’affrontent. Il n’y a plus d’empathie, plus d’universalisme, le communautarisme montre son visage de brute. La fracture est là, béante, officialisée par un représentant de l’Etat Le préfet Lallement est la face insupportable du macronisme, le côté obscur de Jupiter, un encouragement évident à la violence policière. Il rappelle à tous les opposants, à tous les contestataires qu’il sera difficile de sortir de cet univers si positif ! Il veut faire peur et il fait peur tant il est effrayant de constater que l’Etat français peut produire et promouvoir ce genre de “monstre froid. 

Mais avec ou sans Lallement, la coupe est pleine et, à l’approche du 5 décembre, la rumeur de la rue enfle.

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