Ces compétences sociales que nous n’apprenons pas à l’école

L’école enseigne l’histoire, les mathématiques, les sciences… Comment identifier et faire face à nos émotions et à celles des autres ? C’est une compétence qui n’est pas transmise sur les bancs de l’école. Et pourtant !

 L’intelligence émotionnelle est un mot clé que les psychologues et les chercheurs utilisent pour décrire la manière dont les individus peuvent gérer leurs propres émotions et de réagir aux émotions des autres. L’intelligence émotionnelle est une compétence indispensable permettant de gérer la résolution des conflits, la communication inter-personnelle et attitudes appropriées.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle?

L’intelligence émotionnelle est apparue dans les années 80 et a été portée par le psychologue Daniel Goleman. Le modèle proposé par celui-ci s’appuie sur cinq domaines clés :

  • La conscience de soi : elle implique de connaître et d’identifier ses propres sentiments, mais aussi ses préférences, ses intuitions. Cela implique une évaluation précise de l’attitude appropriée (autoévaluation), être sûr de sa valeur et de ses capacités (confiance en soi), savoir gérer ses états intérieurs, ses impulsions et ses ressources (contrôle de soi). Autres : Fiabilité, conscience professionnelle, adaptabilité, innovation.
  • L’autogestion : La capacité à maîtriser ses émotions quand elles deviennent perturbatrices. L’autogestion implique de mesurer, de contrôler des explosions, de pouvoir discuter calmement en cas de désaccord. De faire face à l’apitoiement ou à la panique.
  • La motivation : Daniel Goleman se réfère à la motivation par l’exigence de perfection, l’engagement, l’initiative, la curiosité et l’optimisme. La motivation est un levier important de l’intelligence émotionnelle.
  • L’empathie : Alors que les trois précédentes émotions se réfèrent à des émotions internes (compétences personnelles), l’empathie fait appel aux sentiments, aux émotions des autres. A la représentation, à la lecture que nous en avons (compétences sociales) et à notre manière d’agir en conséquence.
  • Les aptitudes sociales : communiquer, inspirer, guider, initier et gérer les changements, avoir le sens de la médiation, nouer des liens, avoir le sens de la collaboration, mobiliser une équipe font partie de cette dernière catégorie.

Connaissance de soi

Améliorer sa conscience de soi est un premier pas dans la compréhension des problèmes à résoudre, des difficultés rencontrées.

  • Tenir un journal des émotions est une manière intelligente de pouvoir lister les émotions, les sentiments, les ressentis quotidiens. C’est un tableau de bord interne qui vous permettra d’évaluer vos sentiments, d’analyser les évolutions et d’effectuer une rétrospective. Trois semaines, un mois, un an plus tard, vous serez étonné du résultat. Listez quotidiennement, pour conclure positivement, 3 évènements qui vous ont apporté du réconfort.
  • Demander une aide extérieure : Faire une autoévaluation objective est un exercice extrêmement difficile. N’hésitez pas à demander à plusieurs personnes qui vous connaissent bien de lister vos forces et vos faiblesses. Écrivez ce qu’ils disent et essayez de comparer les résultats. Surtout, ne discutez pas les résultats au risque de les influencer. Essayez simplement de mesurer la perception.
  • Ralentissez ou méditez : La réaction émotionnelle nécessite que vous fassiez une pause au risque d’être emporté dans la tourmente. La colère ou la fuite ne sont pas bonne conseillères. Prenez le temps de la réflexion, de la distanciation aux émotions. Ne réagissez pas à chaud au risque de vous emporter. Prenez le temps de respirer et ralentissez le flux de vos affects. Prendre le temps d’une longue promenade et d’un long échange avec soi-même. Évitez de tirer des conclusions hâtives qui s’appuient sur des suppositions soit disant « évidentes ».

Autogestion

Une fois que vous savez comment vos émotions fonctionnent, vous pouvez commencer à comprendre comment les gérer, contrôler vos emportements, faire la distinction entre des déclencheurs externes et des réactions internes.

  • Briser la réaction sensorielle. Que faites-vous à une personne qui perd ses facultés (panique, hyper sensibilité) ? Vous lui mettez une claque pour briser cette chaîne réactionnelle. N’hésitez pas à analyser votre propre système réactionnel et à chercher le moyen le plus efficace de la briser cette chaîne.
  • Amélioration versus Colère : La prochaine fois que les effets de vos actions entraînent chez vous une colère, utilisez l’énergie de celle-ci pour canaliser votre axe d’amélioration. Exemple : plutôt que de jeter de rage votre raquette de tennis, utilisez cette énergie à peaufiner votre technique et votre posture.

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