En Norvège, les bouteilles en plastique sont consignées. Un exemple à suivre ?

La dernière émission "Cash Investigation" a magistralement mis en évidence les problèmes liés à l'irresponsabilité cynique des industriels, comme Coca-Cola, en matière de déchets plastiques. La solution consistant à consigner les bouteilles en plastique n'a pas été mentionnée dans cette émission. Pourtant cette solution est déjà mise en œuvre à grande échelle.

Travaillant dans un milieu international, je viens de surprendre une conversation intéressante et responsable entre deux jeunes ingénieurs qui discutaient devant un distributeur de boissons. L'une expliquait à l'autre qu'en Norvège, quand elle rend la bouteille en plastique au magasin, on lui rembourse 3 couronnes norvégiennes. C'est l'équivalent de 32 centimes d'euros.

Comme je m’interposais pour l'entendre confirmer qu'il s'agissait bien d'une consigne organisée pour bouteilles en plastique, elle m'a montré l'étiquette de la bouteille qu'elle tenait en main. Cette étiquette (de la marque IMSDAL) portait clairement la mention "3 PANT". D'après ce que je vois sur internet, ce mot "PANT" désigne les produits consignés, pas seulement en Norvège, mais aussi dans d'autres pays nordiques, comme le Danemark.

Au tarif de 32 centimes par bouteille, l'incitation à rendre la bouteille au magasin est plutôt forte ! Il est peu probable que les bouteilles en plastique vendues en Norvège se retrouvent dans les océans de la planète.

En sortant du bureau, j'ai rencontré à nouveau par hasard la jeune ingénieur et son ami. Je leur ai dit que j'aimerais photographié un exemplaire de la fameuse bouteille. Elle a ouvert son sac qui contenait la bouteille IMSDAL vide. Elle allait la ramener en Norvège ! Je suis certain que ce n'était pas les 3 couronnes qui la motivait, mais plutôt le souci de ne pas mettre cette bouteille norvégienne dans une poubelle quelconque en France, alors qu'elle est prévue pour être consignée. Quel civisme ! Comme j'ai insisté, elle m'a laissé la bouteille et j'ai pu la photographier.

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Sans doute les bouteilles en verre restent une solution bien meilleure pour l'environnement, mais forcer les industriels comme Coca-Cola à consigner leurs bouteilles en plastique, ce serait obliger les dirigeants de telles entreprises à cesser d'être des irresponsables cyniques pour devenir enfin des responsables civiques (c) du destin environnemental des objets qu'elles disséminent sur leur marché.

Il est temps que Coca-Cola et consorts investissent pour payer les conséquences de leur irresponsabilité environnementale qui a maximisé leur profit au détriment de la vie sur terre. C'est à ces sociétés cyniques qu'il appartient maintenant non seulement de faire repentance mais aussi de trouver des solutions pour repêcher les millions de tonnes de plastique qui polluent nos mers et nos océans.

J'en profite pour applaudir, une fois de plus, l'excellente émission "Cash Investigation", une émission à la fois décapante et didactique. J'ose espérer que "Cash Investigation" consacrera un jour une émission à l'arnaque des voitures électriques à batteries, comme la Tesla qui transporte 600 kilos de batteries, qui renforce le réseau des centrales nucléaires, qui génère des pollutions liée à l'extraction et au recyclage du lithium, etc., la solution étant celle des voitures électriques à hydrogène renouvelable.

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