Chambéry : les élus tapent dans la caisse

Au niveau national comme local, les politiciens professionnel font avant tout la course au pouvoir et/ou aux mangeoires. Qu'ils soient de droite ou de cette "gauche" qui se vend comme "citoyenne, éclogique et solidaire"...il n'y aura jamais de démocratie sans interdire les politicens professionnels: un ou deux mandat max, pas de cumul, révocabilité, rémunération au niveau du salaire moyen.

 Source -NPA 73 -L'Anticapitaliste

En ces temps de crise et de restriction des dépenses publiques, les nouveaux élus chambériens ont inauguré leur mandat en décidant d'une augmentation tout à fait considérable de leurs indemnités. Une décision particulièrement indécente pour des élus qui n'ont de cesse d'expliquer à la population qu'il n'y a plus d'argent et qu’il lui faudra se serrer la ceinture.

Une bonne première louche à Grand Chambéry !

Les festivités ont commencé à Grand Chambéry, ou le 18 juillet le président de droite Philippe Gamen a commencé par se faire voter une indemnité de 5 639 euros brut par mois, qui se rajoute à celle qu'il perçoit en tant que maire du Noyer. Il s'agit là d'une augmentation de 87,7 % par rapport à ce qu'avait obtenu en 2014 Dantin, le président sortant, qui avait alors dû se contenter de seulement 3003 euros.

Il faut toutefois reconnaitre un certain sens de la redistribution à Philippe Gamen, puisqu'il a su associer ses amis à sa très généreuse revalorisation. Après voir désigné une armée mexicaine de 15 vice-présidents, soit le plafond de ce que pouvait permettre la loi, Gamen leur a fait voter des indemnités de 2567 euros. Il s'agit là encore d'une très belle augmentation de 88,3 % par rapport aux indemnités de 1363 euros que les vice-présidents avaient obtenu en 2014, lors du précèdent mandat.

La seconde louche au conseil municipal !

Le summum de l’indécence  a  été  atteint lors du conseil municipal du 31 juillet, lorsque Thierry Repentin a commencé par s'adjuger 3383 euros mensuels, en expliquant qu'il se contentait d'une somme modeste. Ce grand cumulard de postes et d'indemnités a bien évidemment oublié de signaler qu'il ne pouvait demander beaucoup plus, puisque la loi interdit à un élu de cumuler plus de 10 858 euros d'indemnités mensuelles. Un plafond que Thierry Repentin aurait atteint s'il avait obtenu une indemnité supérieure, puisqu'il était à cette date vice-président de Grand Chambery (2567 euros), conseiller départemental (1944 euros) et conseiller régional (2661 euros).

Sans doute pour faire oublier les scandaleuses indemnités qu'elle venait de voter à Grand Chambéry, la minorité de droite a eu le mauvais gout de titiller Repentin, en lui rappelant que son prédécesseur avait eu l'élégance de renoncer à ses indemnités, vu les revenus très confortables dont il disposait par ailleurs. Une manière de rappeler que Repentin dispose de revenus confortable, grace au salaire de 12 500 euros mensuels qu'il perçoit pour son poste de  président des Autoroutes et tunnels du Mont-Blanc. Il s'agit là d'un job en or, qui lui laisse visiblement beaucoup de loisirs, puis- qu'il trouve non seulement le temps d'être maire à Chambéry, vice-président à Grand Chambéry, conseiller régional a Lyon et Clermont-Ferrand, mais aussi de cumuler quelques juteuses présidences d'organismes parisiens, dont le Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique. Soucieux de pouvoir profiter de tous ses sous, Repentin a toutefois fini par accepter de lâcher son siège de conseiller général; dont il vient de démissionner.

Après Repentin, Aurelie Le Meur a pris la parole pour annoncer qu'elle se ferait voter des indemnités de 2286 euros mensuel, soit une augmentation de 45,2 % par rapport à ce que touchait la première adjointe dans le précèdent mandat. Une manière sans doute d'illustrer la différence entre une première adjointe de droite et une  première adjointe

« citoyenne », qui fait de la politique autre- ment. Le Meur n'étant toutefois pas partageuse, elle a ajouté que sa propre augmentation serait compensée par une baisse de 8,9 % euros des autres adjoints, qui devront se contenter de 1433 euros mensuel. Les finances publiques n'y seront toutefois pas gagnantes, puisque la nouvelle équipe comprendra 13 adjoints au lieu de 9, d'autant  que Le Meur a aussi fait un geste pour les simples conseillers municipaux de la majorité, qui auront droit à une indemnité de 684 euros, soit une augmentation de 22,6 % par rapport au dernier mandat.

Tout cela évidemment a un coût que la minorité de droite a chiffré sur le mandat à  660 000 euros supplémentaires d'indemnités. Ce chiffre est en réalité sous-estimé puisque la droite, qui a toujours eu du mal à compter, a oublié de prendre en compte les cotisations patronales et l'augmentation des versements aux mutuelles de retraite des élus. Au total, il semble raisonnable d'évaluer le surcout de ces élus a environ 900 000 euros, ce qui montre que l'élu « citoyen » est loin d’être le moins cher.

La troisième louche avec le cumul

Dans le conseil municipal du 31 aout, Aurèlie Le Meur a aussi eu l'occasion d'expliquer que si la liste « Chambéry demain » s'était engagée à interdire tout cumul de mandat entre les postes d'adjoints et ceux de vice-président, le contexte avait changé. Et grâce a ce contexte changeant, Repentin s'autorisait désormais a cumuler son poste de maire et un poste de vice-président à Grand Chambéry, tandis qu'elle serait à la fois première adjointe a Chambéry et première vice-présidente a Grand Chambéry. On ne peut qu'être heureux pour Aurèlie Le Meur qui grâce à cet heureux cumul pourra arriver à un total de 4853 euros d'indemnités mensuel, ce qui montre que faire de la politique « autrement » peut être des plus profitables.

Une fois n'est pas coutume, il faut rendre hommage à Alain Caraco, qui aura au moins eu l'honnêteté de se rappeler de ses pro- messes de campagne, en annonçant qu'il démissionnait de son poste d'adjoint a Chambéry pour ne pas se trouver en situation de cumul avec sa vice-présidence a Chambéry. On peut juste regretter qu'il ait jugé bon de voter pour ces délibérations, qui sont en totale rupture avec les engagements que sa liste avait pris pendant sa campagne.

Rectificatif reçu par la Rédaction de Médiapart

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