Le patron de la milice macronale a très peur...

Le patron de la police veut dissuader ses troupes de manifester...Dans une note adressée à l'ensemble des services, le préfet Éric Morvan rappelle l'obligation de neutralité et de loyauté à l'égard des institutions.

 Par Aziz Zemouri Le Point.fr

Dans une note en date du 2 décembre, envoyée à tous les services, DGSI comprise, le directeur général de la police nationale (DGPN), le préfet Éric Morvan entend réagir à l'appel de « certaines organisations représentatives de policiers à participer à différentes actions, notamment aux abords des commissariats », le 5 décembre. Le DGPN demande aux directeurs de tous les services actifs de la police de rappeler à leurs effectifs les obligations qui « s'imposent en tout temps aux policiers et notamment dans le droit de manifester ». Les règles, selon le DGPN, sont claires : le droit de manifester ne peut s'exercer sur le temps de service, en tenue d'uniforme, en portant le brassard ou encore en usant des moyens du service. 

Éric Morvan met également en avant le code de déontologie de la police selon lequel les fonctionnaires de police sont soumis au devoir de neutralité, au devoir de réserve et de « loyauté à l'égard des institutions de la République ». Il demande également à ses chefs de veiller à garantir le libre accès aux commissariats pour l'accueil et aussi pour recueillir les plaintes.

« Les commissariats resteront ouverts seulement pour les urgences »

Les syndicats Alliance police nationale et Unité, qui représentent près de 80 % des effectifs de police de la sécurité publique, en tenue ou en civils comme les BAC (brigades anticriminalité), ont appelé leurs adhérents à montrer l'étendue de leur mécontentement le jour de la grande manifestation contre la réforme des retraites. « Il n'y aura pas de convergence des luttes, ironise Frédéric Lagache, le porte-parole d'Alliance. Mais nous marquerons notre différence face à un ministère et un gouvernement qui font la sourde oreille sur nos revendications. Les commissariats resteront ouverts seulement pour les urgences en matière de crimes ou les délits comme les agressions sexuelles. En revanche, un plaignant qui viendrait ce jour-là en raison du vol de son téléphone portable sera invité à revenir un autre jour. »

Plus radical, Yves Lefèvre, le patron d'Unité a d'ores et déjà demandé à ses adhérents qui travaillent de nuit de sortir des postes de police uniquement sur appel d'urgence et non pas d'initiative. « Le mouvement a déjà commencé dans les Pays de la Loire, il a vocation à s'étendre dans tout l'Hexagone tant que le ministère n'a pas mis fin à la prime de résultat exceptionnel (synonyme de politique du chiffre pour certaines organisations syndicales, NDLR) et à un management de moins en moins humain au sein de la police. De même, Beauvau doit revaloriser le paiement de l'heure supplémentaire et rapidement délivrer du matériel opérationnel aux forces de l'ordre comme des gilets pare-balles. »

Les CRS de deux organisations sur trois ont décidé de ne pas participer au mouvement du 5 décembre. La troisième, Unité, doit annoncer sa position dans la soirée de ce lundi.

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