"Une semaine ça va, la deuxième ça va se tendre, au-delà on ne tiendra pas."

Propos d'un conseiller macronard au micro de Europe 1. En 1968, la troisième semaine, De Gaulle a fui en Allemagne. Et n'a cassé la grève générale qu'avec l'appui des bureaucrates staliniens. Les staliniens aujourd'hui sont dans les cimetières et les bureaucrates, après 30 ans de dialogue social au seul bénéfice du capital, vont raser les murs de ces cimetières.

Source : Europe 1 

Le gouvernement se prépare à faire face aux mobilisations du 5 décembre, qui s'annoncent massives. Les ministres se sont réunis dimanche à Matignon autour d'Edouard Philippe pour harmoniser leurs discours et préparer l'"après". Leur crainte : que le mouvement s'installe dans la durée. 

Des ministres en jeans et baskets dans la cour de Matignon : une image plutôt qu'un long discours pour afficher la sérénité du gouvernement à l'approche du 5 décembre. A quelques jours de la grève, le gouvernement s'est réuni dimanche à Matignon autour du Premier ministre, pour un séminaire de travail. Objectif : resserrer les rangs, harmoniser la communication et préparer l'après de cette mobilisation qui s'annonce massive. Mais la décontraction n'était qu'apparente. A l'intérieur, l'ambiance a été plutôt studieuse.

Bataille de l'opinion 

Edouard Philippe était concentré, confie un participant. "Dans son sujet", ajoute un autre. Le gouvernement a rappelé sa détermination à faire la réforme, alors qu’un sondage Ifop pour le JDD révèlait dimanche que 76% des sondés veulent une réforme des retraites mais ne font pas confiance au pouvoir en place pour la mener. Les ministres ont aussi abordé la difficulté à faire face aux fausses informations, véhiculées par certains opposants

Mais le gouvernement le sait pourtant, il doit gagner la bataille de l’opinion. Il prévoit de se démultiplier dans les médias cette semaine. Sur le fond, l’exécutif veut laisser passer la grève avant d'enclencher la réforme. Jean-Paul Delevoye, en charge du dossier retraite, rencontrera cette semaine encore les partenaires sociaux. Pour l'instant, l’enjeu est surtout l'après 5 décembre, et la durée de la grève. Un conseiller ministériel s'inquiète : "Une semaine ça va, la deuxième ça va se tendre, au-delà on ne tiendra pas." 

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