Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10586 Billets

0 Édition

Billet de blog 21 oct. 2017

Agriculture : Macron, Hulot, la mort programmée du bio

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, vient de supprimer les aides au maintien de l’agriculture bio dès 2018, avec l’accord tacite de Hulot. Le ministre veut recentrer les budgets sur les premières années et confier au marché le maintien de l’agriculture bio !

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 Hebdo L’Anticapitaliste - 399 (05/10/2017)

Alors que l’UFC-Que choisir vient de dénoncer les marges abusives des distributeurs sur les aliments bio, Travert demande aux consommateurs de payer encore plus. Il obéit aux injonctions du Conseil agricole français (CAF)1 qui demandait la suppression des aides au bio mais pas à l’agriculture chimique. 

Désengagement de l’État

Pour compenser, Travert propose la création d’un fumeux fonds privé qui accompagnerait la filière bio et qui serait financé, par exemple, par les distributeurs qui rogneraient volontairement leurs marges ! Il fait fi des aspirations à consommer local et à tisser des liens avec les producteurs. De façon pernicieuse, il laisse le soin aux régions de prendre le relais tout en sachant qu’elles n’en auront pas les moyens légaux ni financiers si l’État ne finance pas au moins à hauteur de 25 %. Cette décision annonce une baisse des surfaces en bio, à l’instar de ce qui s’est passé en Grande-Bretagne (– 29 % depuis 2010). 

Rappelons les finalités des aides au bio :

– indiquer que l’État soutient l’agriculture biologique et que le bio c’est pour tout le monde ;

– compenser la baisse de rendement et les investissements nécessaires ;

– rémunérer les services rendus : l’agriculture chimique pollue et coûte extrêmement cher à la société (traitement des pollutions, santé publique, dégradation de l’environnement, perte de biodiversité, réchauffement climatique…) tandis que l’agriculture biologique participe, elle, à la restauration de l’environnement ;

– favoriser la santé publique, en protégeant la population affectée par les pesticides, dont les premiers exposés que sont les salariéEs agricoles et les agriculteurs.

Asservissement à l’agro-industrie

Retirer les aides sans le moindre préavis va conforter les agriculteurs dans leur sentiment qu’ils ne peuvent faire confiance à l’État. Tous ceux qui se sont convertis il y a moins de dix ans vont être touchés. Mais, surtout, le gouvernement Macron confirme son asservissement aux lobbies de la chimie et de l’agro-industrie. D’un côté Macron fanfaronne sur le rôle de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, et de l’autre il supprime un des leviers les plus efficaces à court terme, la suppression des engrais azotés, première source des gaz à effet de serre en agriculture. 

Le NPA soutient l’agriculture biologique : toutes les aides publiques doivent aller vers ce secteur, les intrants chimiques doivent être interdits et d’abord les pesticides perturbateurs endocriniens et néonicotinoïdes.

Commission nationale écologie NPA

  • 1.Le Conseil agricole français regroupe Groupama, MSA, Crédit Agricole, FNSEA, JA, Assemblée permanente des chambres d’agriculture : une belle brochette d’amis de l’environnement !

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Énergies
Régulation de l’énergie : la politique du pire
En excluant la période de spéculation débridée fin décembre sur le marché de gros de l’électricité, la commission de régulation de l’énergie aurait pu limiter la hausse des tarifs régulés à 20 % au lieu de 44 %. Elle a préféré faire les poches d’EDF et transférer l’addition aux consommateurs après l’élection présidentielle.
par Martine Orange
Journal
Laurent Joly : « Zemmour a une capacité à inverser la réalité des faits »
Ce soir, deux historiens répondent aux falsifications de l’histoire du candidat Éric Zemmour. Laurent Joly, spécialiste de l’antisémitisme et du régime de Vichy et auteur de « La Falsification de l’Histoire », est notre invité. Entretien également avec Serge Klarsfeld, cofondateur de l’association « Fils et filles de déportés juifs de France ».
par à l’air libre
Journal
L’action des policiers a causé la mort de Cédric Chouviat
D’après l’expertise médicale ordonnée par le juge d’instruction, la clé d’étranglement et le plaquage ventral pratiqués par les policiers sur Cédric Chouviat, alors que celui-ci portait encore son casque de scooter, ont provoqué l’arrêt cardiaque qui a entraîné sa mort en janvier 2020.
par Camille Polloni
Journal
Julian Assange garde un espoir de pouvoir contester son extradition
La Haute Cour de justice de Londres a autorisé les avocats du fondateur de WikiLeaks à déposer un recours devant la Cour suprême contre la décision des juges d’appel qui avaient autorisé son extradition vers les États-Unis.
par Jérôme Hourdeaux

La sélection du Club

Billet de blog
Génocide. Au-delà de l'émotion symbolique
Le vote de la motion de l'Assemblée Nationale sur le génocide contre les ouïghours en Chine a esquivé les questions de fond et servira comme d'habitude d'excuse à l'inaction à venir.
par dominic77
Billet de blog
Agir pour faire reconnaître le génocide ouïghour. Interview d'Alim Omer
[Rediffusion] l’Assemblée Nationale pourrait voter la reconnaissance du caractère génocidaire des violences exercées sur les ouïghour.es par la Chine. Alim Omer, président de l’Association des Ouïghours de France, réfugié en France, revient sur les aspects industriels, sanitaires, culturels et environnementaux de ce génocide.
par Jeanne Guien
Billet de blog
La cynique et dangereuse instrumentalisation du mot « génocide »
La répression des Ouïghours existe au Xinjiang. Elle relève très probablement de la qualification juridique de « crimes contre l’Humanité ». Mais ce sont les chercheurs et les juristes qui doivent déterminer et les faits et leurs qualifications juridiques, et ce le plus indépendamment possible, c’est à dire à l’écart des pressions américaines ou chinoises.
par Bringuenarilles
Billet de blog
« Violences génocidaires » et « risque sérieux de génocide »
La reconnaissance des violences génocidaires contre les populations ouïghoures a fait l’objet d’une résolution parlementaire historique ce 20 janvier. C'était un très grand moment. Or, il n'y a pas une mais deux résolutions condamnant les crimes perpétrés par l’État chinois. Derrière des objets relativement similaires, se trouve une certaine dissemblance juridique. Explications.
par Cloé Drieu