« La sexualité n'est pas le seul motif du rêve. »

par Bernard Lahire, sociologue, auteur de "L'interprétation sociologique des rêves" aux Editions La Découverte

6 février 2018- Regards

Bernard Lahire (sociologue) : "La sexualité n'est pas le seul motif des rêves." © Regards

Sur Freud

« Freud a orienté sa lecture des rêves par rapport à la question de la sexualité et de la petite enfance. Et l’univers familial était le centre de son attention. »

« Freud avait plutôt affaires avec des gens des classes supérieures et n’avait donc pas la question de la variété sociale des rêveurs et des rêveuses. »

«  Il y a une systématicité chez Freud dans la lecture des symboles qui l’empêche parfois de voir que le haut et le bas ou monter et descendre, ce n’est pas qu’une question sexuelle. »

« Dans l’interprétation de certains rêves, Freud ignore ou met de côté toute la dimension sociale, ou politique d’une certaine façon. »

« Il n’y a pas de clef des songes. »

 

Sur la sociologie des rêves

« Ce qu’a fait Freud, c’est-à-dire resituer un enfant dans son univers familial, c’est déjà faire un début de sociologie. »

 « La sexualité n’est pas le seul motif des rêves. »

« On n’est pas les mêmes selon que ses parents sont chômeurs ou médecins. »

« Ce que je veux comprendre, c’est comme se fabriquent les rêves d’individus particuliers tout en montrant que cette fabrication est tout à fait sociale. »

« Nous sommes façonnés par de nombreuses institutions. »

« Pour moi, un rêveur, c’est quelqu’un qui appartient à une classe sociale. »

 

Sur le rêve comme « condensé de soucis »

« Le rêve condense les choses et on peut avoir plusieurs problèmes qui sont travaillés en même temps. »

« Les rêves parlent plus de problèmes que de choses heureuses. »

« La sociologie des rêves, c’est une sociologie des soucis et des préoccupations. »

 

Sur l’utilité d’une sociologie des rêves

« Une partie des solutions est aussi de nature politique. »

« Si on veut éliminer les problèmes qui travaillent les rêveurs, c’est les structures du monde social qu’il faut transformer. »

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