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Billet de blog 7 mai 2018

Mélenchon: la course aux mangeoires, point barre

Le moment est venu, pour assurer la victoire du camp des travailleurs et des jeunes face à un régime ultra capitaliste et répressif, de généraliser les grèves et actions de blocage jusqu'à la grève générale. Malgré les politiciens, Mélenchon en tête, qui s'est bien gardé de proposer la moindre perspective. Au point qu'il a même banni le mot grève dans son discours du 5 mai.

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7 mai 2018

Les politiciens réformistes ont toujours eu peur que le peuple prenne ses affaires en main. Ils ont toujours utilisé ses souffrances à une seule fin: leur carrière dans le système. Logique, car leur objectif n’est pas la lutte des classes mais celle des places. 

Mélenchon vient encore de le confirmer avec son discours lors de la Marche Pot-au-feu ce 5 Mai. L’essentiel des participants sont en grève dans plusieurs secteurs, et MAC40 envoie sa police les réprimer sauvagement, afin de décourager toute résistance autre que verbale.

Mais cherchez le mot grève dans le discours de Mélenchon. Il l’a écarté. 

La seule issue c’est que de plus en plus d’instances syndicales défendent la grève reconductible et construise ainsi la grève générale qui fera reculer le MAC40 ou le dégagera lui et son monde.  

Mais cherchez les mots grève reconductible, ou grève générale dans le discours de Mélenchon. Il les a écarté. 

Mélenchon n’a rien proposé qui fasse gagner le camp des travailleurs et de la jeunesse face à la dictature du capitalisme. 

Le mot capitalisme ? Il n’en a pas parlé non plus.

Certains indulgents penseront qu’il est vieux et fatigué, et qu’il a simplement oublié l’essentiel du message qui permettrait de donner la perspective de gagner. 

Pas du tout. D'abord fatigué par quoi ? Une sinécure de politicien professionnel et rien d'autre ?

Ensuite et surtout, il suffit de lire son programme, qui devrait s’appeler « L’Avenir dans ma main ». Il en a écarté le dépassement du capitalisme , comme il a écarté le socialisme et l’écosocialisme, sans lesquels l’humanité va vers la barbarie et la destruction. Il suffit aussi de se rappeler du passé récent du nouveau César, comme il s’est auto-désigné. Juste deux exemples, parmi des dizaines dans sa carrière de 30 ans dans la gauche réformiste, et maintenant dans le populisme, puisqu’il affirme « je viens de la gauche », donc qu’il est ailleurs.

A l’automne 2010, pour défendre nos retraites, et le rapport de force global, des dizaines d'instances syndicales ont appelé à la grève générale, pour ne pas en rester aux répétitives et impuissantes alors dénoncées par les militants lutte de classe,  et créer un rapport de force qui aurait permis de gagner. Mélenchon, avec Hollande et autres politiciens et bureaucrates syndicaux, à dénoncé la perspective de grève générale. Il a même fait pire que les autres. Il a balancé sa peau de banane, un référendum à la place de la grève générale, et conduit ainsi à notre défaite.

Ainsi sont faits les politiciens: ils jouent la défaite pour canaliser la rage vers les urnes. Et tirer leurs marrons du feu. Bilan: on a eu Hollande. Et Mélenchon a continué sur sa lancée: pour remplacer Ayrault, il s'est proposé comme premier Sinistre. Recalé, il s’est proposé comme ministre d’un gouvernement Montebourg.

Autre exemple: Le 23 septembre 2017, Mélenchon avait organisé sa propre marche, dans son coin, sans chercher le moindre accord avec les forces de gauche. Normal, il se considérait alors comme « venant de la gauche ».

Mais le pire était à venir. Comme le 5 mai de cette année, il a appelé en septembre de l'année dernière à manifester dans la rue, mais pas une seule fois il n’a mentionné l’arme des travailleurs, la grève générale, le seul outil qui permettrait que MAC40 rengorge ses contre-réformes ou rende gorge. Et les derniers mots du discours de Mélenchon valent tous ceux de Blum, Guy Mollet, Mitterrand et autres fossoyeurs de l'émancipation sociale: « Au bout de la rue, il y a les élections. » 

Conclusion: notre défaite importerait peu au César de la Canebière et à ses lieutenants. Pire, certains comptent sur notre défaite pour les aider dans la lutte des places, la course aux mangeoires.

Mais leurs manoeuvres sont maintenant largement dénoncées, y compris dans la FI. Ils échoueront.

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