Comment en finir avec le féminisme des élites ?, par Nancy Fraser - son

Pour un féminisme qui valorise toutes les femmes, la philosophe américaine Nancy Fraser, co-auteure d’un essai manifeste intitulé un «Féminisme pour les 99%», se dresse contre un féminisme néolibéral et redéfinit les priorités du mouvement.

Le féminisme des élites. Si le mouvement #MeToo a eu une résonance mondiale, ce nouveau féminisme, considéré par certaines comme bourgeois et élitiste, ne semble pas pour autant parler à celles d'en bas. Pour la philosophe Nancy Fraser, il s'agit de fonder un féminisme davantage inclusif.

EscarpinsEscarpins Crédits : Teerawit Chankowet / EyeEm - Getty

Quels sont les combats prioritaires à inscrire à l’agenda féministe ? Pour Nancy Fraser, il s'agit de sortir des strictes questions de genre pour s'intéresser aux inégalités sociales et politiques dont sont victimes les femmes. 

Elle revient sur la vague "MeToo", un mouvement féministe né de la petite sphère du cinéma et des médias… Le féminisme doit sortir des ambitions d'égalité entre les plus riches, du féminisme bourgeois et néolibéral. En féministe marxiste, elle s'oppose au féminisme d’en haut, dit « libéral », élitiste, individualiste, qui veut étendre à toutes sa culture dominante.

Auparavant, il y avait le féminisme néolibéral qui ne s’adressait qu'à une catégorie très étroite de femmes. L’idée de l’égalité de cette strate est très étroite. 

Il s'agit pour cela de sortir le féminisme d'une stricte problématique de genre, pour le croiser avec d'autres combats : antiracisme, écologie… Pour un féminisme intersectionnel donc, et anticapitaliste. 

Le féminisme est un mouvement parmi d’autres : il faut absolument des alliances avec les courants anticapitalistes des autres mouvements pour transformer la société. Je rêve que le féminisme pour les 99% soit un modèle pour les autres mouvements sociaux.

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