Wall Street parie sur Biden

Biden n’est pas du sérail, et un peu vieux donc fragile (77). Il doit aussi faire du "Sanders" pour ne pas s'aliéner un gros morceau de l'électorat. Mais Wall Street connait les chansons électorales. Biden est un bon chanteur: il a déjà servi Wall Street comme vice-président pendant deux mandats de Obama. Et Trump et son "chaos" font peur aux banquiers et autres rentiers.

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Wall Street avait misé et fait démarrer sur les chapeaux de roue la candidature de Pete Buttigieg aux primaires démocrates, évincé rapidement, puis soutenu Michael R. Bloomberg, évincé plus tard. Le secteur financier a finalement choisi de faire gagner et finance Biden. 

Biden n’est pas du sérail, et il est vu par les banquiers et autre rentiers comme très vieux donc fragile (77 ans). Il doit aussi, comme candidat démocrate, et surtout après le succès de Sanders, promettre de rétablir des régulations et des hausses d’impôt, qui financeraient la santé pour tous ou un « Green new deal ». Il a proposé une augmentation du taux marginal supérieur d'imposition sur le revenu et l'imposition des plus-values des Américains les plus riches. 

Mais de toute façon, Wall Street connait les chansons électorales. Les démocrates sont payés pour ce spectacle. Et Biden est un bon chanteur: il a déjà servi Wall Street comme vice-président pendant deux mandats de Obama.

Il a le mérite aux yeux de certains à Wall Street ne pas avoir mené une croisade contre Wall Street, comme ses rivaux démocrates Elizabeth Warren et Bernie Sanders l’ont fait. Il n'a pas adopté un impôt sur la fortune comme Elizabeth Warren, ni annoncé un plan politique détaillé de réglementation financière. Lors d'une réunion de la Brookings Institution en 2018, il a même déclaré : « Je ne pense pas que 500 milliardaires soient la raison pour laquelle nous sommes en difficulté. ». Lors d'une collecte de fonds virtuelle organisée en juillet, il a parlé de la nécessité pour les entreprises américaines de "changer leurs habitudes". Mais la solution, a-t-il ajouté, « ne serait pas législative ».

Le problème pour Wall Street, ce n’est pas le vieux politicien démocrate, mais celui que certains désignent comme le fou, Trump. Wall Street ne se plaint pas vraiment de sa politique économique. Les milliardaires ont continué sous Trump comme sous Obama-Biden a sucer le sang du pays sans ambages: réductions d'impôts, coupes sombres dans la réglementation et cours boursiers soutenus maintenant par une explosion des dettes publiques et de la création monétaire. Mais ils craignent que le Trump du deuxième mandat échappe à leur contrôle dans beaucoup de domaines, et devienne « chaotique », y compris sur le plan sanitaire…

Certains à Wall Street sont toutefois inquiets du choix de la vice-présidente, qui doit être annoncé sous peu. Ils récusent Warren, avec son projet d'impôt sur la fortune des super-riches et craignent encore plus qu’elle devienne secrétaire au Trésor.

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En complément, extraits des dernières 24 heures de ma revue de presse en deux éditions chaque jour:

Trump n’a aucun problème à laisser les milliardaires profiter de la pandémie -Robert Reich

Donald Trump veut interdire l'utilisation de WeChat aux Etats-Unis-L’Usine Digitale

As schools reopen, a study found tens of thousands of children in the U.S. tested positive for the virus in late July. Here’s the latest. -NYT

Democrats say Trump’s virus orders are ‘unconstitutional’ -FT

Does your state want to cut carbon emissions? These old laws could be standing in the way. par Emily Pontecorvo (Grist)

États-Unis. Trump tente de se relancer par Vadim Kamenka (L’Humanité) 

COVID-19 canceled mass protests. Here’s what youth climate activists are doing instead. par Lauren Aratani (Grist) 

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