Le libéralisme de Macron est le marche-pied des néo-nazis

LA PREUVE SUÉDOISE ? LE LIBÉRALISME, CELUI DE MACRON, N’EST PAS LE REMPART À L’EXTRÊME DROITE, IL EN EST LE MARCHE-PIED.

10 aout 2018 - Info'Com-CGT

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Ils répètent : c’est le libéralisme qui est le rempart contre le racisme d’extrême droite.
La réalité ? Ce sont les dégâts du libéralisme qui nourrissent cette extrême droite, ce sont les populations fragilisées, déclassées ou menacées de déclassement qui sont récupérées par les partis du racisme européen.

D’ABORD, LES APPARENCES SUEDOISES DU LIBERALISME :

- Depuis 2010, la richesse suédoise a progressé de 17,3 % - contre 13,7 % pour l’Allemagne et 8,8 % pour la France. Au 2e trimestre 2018 elle a cru de 1 % sur trois mois, soit le double de l’Allemagne et cinq fois le rythme français…

- Le taux de chômage suédois au sens du Bureau international du travail, en juillet 2018, est de 6,4 % de la population active, en deçà de la moyenne européenne et bien inférieur au niveau français (9,2 %).

ENSUITE, LA REALITE DU LIBERALISME, IDENTIQUE A TOUS LES PAYS EUROPEENS :

- La Suède a vu les inégalités exploser. La croissance des inégalités a bondi avec les « réformes » des années 1990, approfondies à partir de 2006 par le gouvernement conservateur : politique de baisse de la fiscalité sur les hauts revenus, sur les entreprises et sur le capital, ainsi que de réduction des transferts sociaux pour que « le travail paie » (modèle d’Emmanuel Macron).

- Entre 2006 et 2016, la part des 1 % les plus riches dans le revenu national est passée de 3,6 % à 5,1 % (source Eurostat). En 2006, cette part était la plus faible des pays nordiques. Les riches suédois captent désormais plus de revenus que leurs équivalents finlandais ou norvégiens, ce qui n’était pas le cas voilà dix ans.
La part des revenus des 10 % les plus modestes est passée de 3,3 % à 3,1 % du revenu national. C’est le plus faible niveau des États nordiques et c’est moins que la France (3,6 %). Telle est la réalité mesurable par le citoyen, sujet du roi de Suède.

- Le taux de pauvreté selon l’OCDE s’établit pour la Suède à 9,1 %, davantage que la France (8,1 %). Le taux de personnes en risque de pauvreté, calculé par Eurostat, indique que le taux suédois se situe à 18,3 %, soit 1,6 point de plus qu’en 2008. C’est un taux proche du niveau français (18,2 %) et qui est très largement supérieur à celui du reste des États nordiques.

- Ce creusement des inégalités s’est accompagné de deux phénomènes qui ont encore frappé les plus fragiles :
1 - la réduction des services publics, dans la foulée de la politique visant à dégager des excédents primaires. Cette politique est souvent présentée comme un modèle par les partisans de la baisse des dépenses publiques. Mais elle est désormais au cœur des interrogations des Suédois
2 l’accès à la santé se dégrade et que l’éducation, qui est désormais privatisée à plus d’un tiers dans un cadre marchand, affiche des résultats de plus en plus préoccupants.

- La bulle immobilière a été l’un des moteurs de la croissance suédoise, elle-même alimentée par l’endettement des ménages favorisé par les taux très bas pratiqués depuis 2012 par la Riksbank, la banque centrale.
Le taux d’endettement des ménages représente ainsi 176 % du PIB (c’est 106 % en France).
La part du logement dans le revenu des ménages reste élevée, à 21,7 % en 2017 selon Eurostat. L’envolée des prix rend le logement dans les agglomérations très difficile d’accès pour les plus fragiles.

Le vote pour le « parti Démocrates de Suède », fondé par les néo-nazis correspond aux parties les plus vulnérables de l'économie suédoise. La leçon de suédois vaut pour l’Europe…

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