Capitalisme, genres et communisme

Ce texte présente l’état actuel de nos réflexions sur la question du rapport entre genres et classes. C’est aussi une tentative de synthèse des autres articles et textes de ce numéro d’Incendo. Il n’a donc rien de figé ni de définitif et il est à considérer comme une contribution à un débat nécessaire.

 12 février 2018 - Incendo

QUELQUES REPÈRES HISTORIQUES

Aux origines1

La sexuation caractérise, semble-t-il, toutes les sociétés existantes ou ayant existé. Elle implique nécessairement une assignation des individus à un rôle social déterminé, mais avec des « degrés » de domination masculine variables.

On ne saurait trop dater ni expliquer l’apparition de cette sexuation, qui remonte sans doute à la préhistoire. La maternité et ses contraintes sont généralement avancées comme explication de l’origine de la sexuation. Selon ces hypothèses, la grossesse et l’allaitement empêchaient les « femmes » de participer pleinement aux autres activités du groupe, par exemple à la chasse. De là, un glissement se serait opéré de la protection des femmes enceintes (vitale pour la survie du groupe) à la « protection » des femmes en raison de leur potentielle capacité reproductrice. Mais cela ne nous apprend rien sur l’apparition du groupe des femmes, ce qui revient à dire que ce groupe serait une entité naturelle. De même, la grossesse est perçue comme un phénomène naturel, et non comme un processus organisé socialement. Présente dans toutes les sociétés connues, la sexuation a pris diverses formes dans les sociétés primitives. Si, dans tous les cas, les hommes détiennent le monopole des armes et du pouvoir politique, cela n’entraîne pas automatiquement une domination masculine totale (celle-ci est parfois contrebalancée par le pouvoir économique des femmes).

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