La débandade pour Griveaux

La fuite d'une vidéo masturbatoire est le coup de grâce pour la campagne du macronard. Il ne manquait plus que cela dans la chronique annoncée de l'agonie du macronisme. Un régal: c'est un ancien député macronard qui relancé sur les réseaux la vidéo...Villani prendra-t-il lui aussi sa revanche en démontrant qu'il l'a plus grosse ? Tout est possible, heureusement, avec les macronards.

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Source: RP

Une candidature électorale ne tient pas à grand-chose. Déjà mal en point dans les sondages et multipliant les bourdes, depuis son péché originel où il insultait copieusement ces concurrents pour l’Hôtel de Ville, mais surtout avec le maintien de Villani malgré le recadrage de Macron, Griveaux a annoncé ce matin qu’il se retirait de l’élection après la diffusion d’une vidéo privée à caractère sexuel.

Publiée sur un compte Twitter le 1er février « Porno politique », derrière lequel se cache, d’après les révélations du Monde, l’artiste russe Piotr Pavlenski, la vidéo n’avait jusque-là pas fait grand bruit. C’est le partage par l’ancien député macroniste Joachim Son-Forget, qui avait annoncé hier soir également sa volonté de se présenter aux présidentielles avec Benalla (!), qui a viralisé cette vidéo.
L’artiste russe avait motivé cette publication, sans attaquer en soi aucune pratique sexuelle, par l’hypocrisie de Griveaux qui voulait surfer sur une dynamique pro-famille et éventuellement se positionner pour gagner des voix sur ce thème cher à la droite.

Ironie de l’histoire, dans la séquence d’insultes aux autres candidats, Griveaux affirmait : « Cédric [Villani], il n’a pas les épaules pour encaisser une campagne de cette nature. Il ne verra pas venir les balles, il va se faire désosser ! ».
Cette séquence avait révélé les aspects très « ancien monde » de la politique macronienne où, malgré le vernis « société civile » (récemment rappelé par Macron « soyez fiers d’être des amateurs »), la politique politicienne se fait toujours par des bruits de couloir et où c’est le Président qui décide de tout même quand des semblants de consultation sont annoncées.

Ce sur quoi on peut s’interroger cependant, c’est sur la promptitude de la démission de Griveaux. En dernière instance, si la décision a été si vite prise du retrait de Griveaux, il faut avant tout l’expliquer par la lente descente de Griveaux dans les sondages (en troisième position près de 8 points derrière la droite et tout juste devant Villani), sa candidature étant polarisée par les frasques de Villani qui a quitté avec perte et fracas le parti présidentiel et Rachida Dati qui venait disputer l’électorat de droite.

Cette affaire pose tout de même question sur le sens du scandale en politique. Alors que la bourgeoisie française traverse une crise de recomposition politique (après la disparition du bipartisme, les doutes de LREM sur les municipales, le manque de personnel crédible, une défiance généralisée envers les institutions...), la lutte sans merci pour les postes se fait à coup de scandales et d’ordre moral. Mais là aussi la morale LREM est sélective.

La question de la succession de Griveaux se pose aujourd’hui. « Franchement, à quatre semaines de l’élection, ça va être compliqué. Celui ou celle qui acceptera d’y aller va connaître les pires moments de sa vie politique. Ça va être une lessiveuse de dingue. De toute façon, on a déjà perdu » confie un cadre de LREM au Parisien. Les noms de Delphine Bürkly ou Agnès Buzyn reviennent (Schiappa pourtant sur la liste ayant refusé d’en prendre la tête) mais d’une certaine manière c’est le problème incurable du macronisme qui repointe le bout de son nez : le manque de personnel capable et capable de se faire élire ; la popularité de la plupart des têtes connues étant sévèrement entachées.

Pour l’heure, il s’agit surtout d’un tremblement de terre pour Macron qui l’affaiblit un peu plus et le place en extrême difficulté, plus encore dans la mesure où même à échelle (inter)nationale, une déroute complète dans la capitale le fragiliserait davantage dans son image. Un rebond de la macronie dans la capitale, du moins contre la droite, même s’il n’est pas à exclure, est tout de même fortement compromis.

Un retrait qui vient parachever le fiasco Griveaux qui avait été précédé en amont par la fin de non-recevoir de Villani à Macron. Après la circulaire Castaner retoquée par le Conseil d’Etat, les déboires parlementaires, les difficultés s’accumulent toujours plus en macronie embourbée dans sa réforme des retraites largement rejetée par la majorité de la population. Leur petite entreprise ne connaît définitivement que la crise.

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