USA: en 10 ans, les actions ont grossi neuf fois plus vite que le PIB...

A nouveau conseil aux investisseurs...Les actions, en revanche, sont passées d'un plancher de moins de 8 000 points en 2008 à plus de 25 000 actuellement. Elles ont plus que triplé... c'est-à-dire qu'elles ont augmenté neuf fois plus rapidement que la croissance de l'économie réelle.

14 mai 2018 - Chronique Agora

"La marée montante soulève tous les bateaux", dit une vieille expression.

Suite à la crise de 2008-2009, Draghi, Yellen et quasiment tous les banquiers centraux de la planète se sont mis au travail et ont inondé les marchés de cash et de crédit. Draghi a injecté environ 2 700 milliards de dollars au cours des 43 derniers mois. La Fed en est à 4 000 milliards de dollars.

Mais la marée a soulevé certains navires plus que d'autres. Les yachts appartenant aux banquiers, aux spéculateurs boursiers, aux gestionnaires de hedge funds et aux lecteurs du Financial Times d'une manière générale n'avaient jamais vu le niveau de l'eau si élevé.

En revanche, les vaisseaux commerciaux, les pétroliers, les chalutiers – les barges, les péniches et les lents remorqueurs de l'économie réelle – ont tout juste décollé du fond.

Le PIB US frôlait les 15 000 milliards de dollars en 2008. Il est désormais à 19 000 milliards de dollars – il a augmenté de près d'un tiers.

Les actions, en revanche, sont passées d'un plancher de moins de 8 000 points en 2008 à plus de 25 000 actuellement. Elles ont plus que triplé... c'est-à-dire qu'elles ont augmenté neuf fois plus rapidement que la croissance de l'économie réelle.

Evolution de la capitalisation des 5 000 entreprises américaines rapportée au PIB des Etats-Unis

A présent, Mario Draghi, suivant l'exemple de la Fed de Jerome Powell, ferme les vannes. L'Union européenne veut revenir à "des conditions financières plus normales", annonce le Financial Times. Nous verrons ce que donne la réunion de la BCE aujourd'hui : d'autres nouvelles devraient arriver.

Tant l'élite du Deep State... que les initiés du nouveau Deep State du gouvernement Trump... pensent que l'économie est en plein boom.

Ils pensent que le cuir de la bulle est assez robuste pour résister aux épingles des politiques monétaires "normalisées", des guerres commerciales, des guerres ouvertes, des déficits à plusieurs milliers de milliards de dollars, des besoins croissants de populations vieillissantes en termes d'Etat-providence... et du carnaval de sottises qui se déroule désormais 24h/24, sept jours sur sept.

Pour l'instant, ils ont raison.

Mais lorsque les bulles éclateront, ils se rendront peut-être compte qu'un endroit leur est tout spécialement réservé en enfer, à eux aussi.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.