Cinq Prix Nobel de la Paix exigent à l’ONU de payer sa dette à Haïti

A la veille de la décision du Conseil de Sécurité pour fermer la MINUSTAH, la mission très critiquée qui est restée en Haïti depuis 2004, cinq lauréats du Prix Nobel de la Paix appellent à l’ONU pour assurer les réparations et la fin de l’impunité pour les violations massives des droits de l’homme.

14 avril - par Diálogo 2000 – Jubileo sur Argentina

 Adolfo Pérez Esquivel, Jody Williams, Rigoberta Menchú Tum, Shirin Ebadi, et Betty Williams ont écrit au Secrétaire général Antònio Guterres pour exprimer leur « profonde préoccupation face à l’absence totale de la justice et une réponse réparatrice intégrale aux victimes directes du bilan catastrophique de la MINUSTAH ... ».

« Ce sont des milliers de femmes, des enfants et des jeune filles qui ont été violées ou sexuellement exploités, beaucoup d’entre eux abandonnés avec les enfants », ont rappelé dans sa lettre. À leur tour, ils soulignent qu’un rapport récent de l’ONU lui-même admet que « le nombre de personnes tuées suite à l’introduction du choléra par les troupes de la MINUSTAH, est probablement trois fois plus élevé que le chiffre officiel de 9483, jusqu’en Janvier 2017 ». « Il est urgent et indispensable que l’ONU solde cette dette avec le peuple d’Haïti - exigent les Prix Nobel - en particulier dans un contexte d’aggravation de la crise systémique dans le pays ...et l’échec évident de la MINUSTAH, à la lumière des objectifs fixés par le Conseil de Sécurité ».

Pose inverser la situation où « une poignée de pays puissants favorise la création de missions dénommées de paix, ils sont financés par des cotisations obligatoires, mais ils laissent que la réparation de ses dommages soit pris au compte par des apports volontaires éventuels. » Le Secrétaire général s’est plaint qu’il manque de financement le programme annoncé par l’ONU pour indemniser les victimes, éradiquer le choléra et pour obtenir de l’eau potable et un assainissement pour 80 % de la population d’Haïti qui manque aujourd’hui d’accès à ces droits fondamentaux. Le coût pourrait être couvert de ce qui a été payé par la MINUSTAH au cours de seulement le dernier de ses 13 ans.
Les cinq Prix Nobel a également exprimé son accord avec la fermeture de la MINUSTAH, en comprendre que « plutôt que d’une mission de paix, a été une continuation de l’occupation centenaire états-unienne », comme le souligne de nombreuses organisations en Haïti, en Amérique latine, des Caraïbes et dans le monde, depuis sa création. Une lettre de demande finale, délivrée par des centaines d’entités à l’ONU et les gouvernements d’Amérique latine, comme l’Argentine, le Brésil, le Chili et l’Uruguay, entre autres, qui portent ses troupes à la MINUSTAH, appelle également à la réparation des dommages. « Haïti a besoin d’une coopération, et non d’une tutelle ni moins d’une occupation », concluent les prix Nobel. « Le peuple haïtien ont droit au respect et le soutien ... dans leur lutte pour assurer sa souveraineté, l’autodétermination et le respect de tous leurs droits, en incluant le contrôle sur les biens communs qui font sa survie et son bon vivre ». De plus en jeu est la crédibilité de l’ONU, déclarent, après la catastrophe causé et le déni de toute responsabilité pendant six longues années.

Télèchargez ici le texte intégral de la lettre : https://haitinominustah.files.wordp...

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