Jorai étudie ici, Jorai reste ici !

Refusons son expulsion et l'ensemble des mesures contraignantes ! La nationalité ne doit aucunement être un obstacle à la poursuite d’études. Une carte d’étudiant.e devrait pouvoir donner automatiquement droit à un titre de séjour et tou.te.s les étudiant.e.s devraient avoir les mêmes droits en termes de frais d'inscription ou d'aides sociales !

Source: UNEF - TACLE : Tendance Action Collective et Luttes Etudiantes

Jorai, étudiant angolais inscrit en DU à l'Université Paris-Nanterre suite à la dernière campagne des sans-facs et camarade du syndicat, s'est vu délivré, ce samedi, un rejet de sa demande de titre de séjour étudiant ainsi qu'une Obligation de Quitter le Territoire Français. Mais la préfecture des Hauts-de-Seine ne s'est pas arrêtée là. En effet, la décision, déjà abjecte, s'accompagne d'une série de mesures répressives : une Interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée d'un an à compter de son départ, un signalement étendu à l'ensemble de l'espace Schengen et l'astreinte à un contrôle judiciaire hebdomadaire. La préfecture exige qu'il pointe chaque mardi matin pour s'assurer qu'il exécuterait bien l'OQTF. Des restrictions d'une violence et d'une absurdité sans nom !

La Préfecture des Hauts-de-Seine ordonne son expulsion sous le motif que Jorai, muni d'un visa long séjour visiteur, ne pouvait prétendre à un titre de séjour étudiant. En réalité, elle invoque une incohérence juridique alors qu'elle n'a pas examiner correctement sa situation. Ayant rejoint des membres de sa famille en France, Jorai avait, à plusieurs reprises, procédé à des demandes de visa vie privée et familiale, restées jusqu'aujourd'hui sans réponse. Le préfet n'a donc pas statué sur cette demande de visa vie privée et familiale et a, simplement, négligé l'examen de son dossier. Il lui semble plus aisé d'envoyer les expulsions expéditives plutôt que d'instruire conséquemment les dossiers !

Cet argument est un prétexte scandaleux pour pouvoir appliquer la politique xénophobe du gouvernement qui, au nom d’une prétendue « pression migratoire », vise à restreindre la liberté d’installation et de circulation des migrant-e-s notamment en durcissant toujours plus les critères de délivrance des titres de séjour étudiant.

Ces dernières semaines, de nombreux.ses étudiant.e.s de Nanterre ont reçu des Obligations de quitter le territoire français. C'est notamment le cas de Balla, de Mamadou ou d'Adam. Le gouvernement mène en effet une offensive grandissante à l'encontre des sans-papiers : le nombre d'OQTF délivrées est passé de plus de 79 000 en 2015 à plus de 103 000 en 2018. S'il faut soutenir la régularisation de chaque personne, c'est bien par une mobilisation globale, en lien avec les différents collectifs de sans-papiers qui luttent depuis plusieurs années, que nous en finirons avec cette politique raciste !

La nationalité ne doit aucunement être un obstacle à la poursuite d’études. Une carte d’étudiant.e devrait pouvoir donner automatiquement droit à un titre de séjour et tou.te.s les étudiant.e.s devraient avoir les mêmes droits en termes de frais d'inscription ou d'aides sociales !

Un recours a été déposé auprès du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Nous appelons d'ores et déjà à un rassemblement pour le jour où se tiendra son audience !

Jorai étudie en France, il doit donc continuer à y vivre !

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En complément tous les jours la rubrique Jeunesse/Education de la Revue de Presse Emancipation!

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