Le point sur la mobilisation étudiante

Extrait de l'excellent Journal de Luttes, que je mets en lien tous les jours dans ma Revue d'Actu.

16 mai 2018 - Journal de luttes

Loi ORE : Manifestations à Paris, à Lyon …

Le 3 mai, dans un communiqué, l’interfédérale regroupant les organisations syndicales enseignantes, étudiantes et lycéennes – FERC-CGT, FNEC-FP FO, FSU, SUD éducation, SUNDEP, Solidaires étudiant-e-s, Unef, UNL, UNL-SD, SGL, FIDL, ASES, SLU – avait appelé ce mercredi à une large journée de mobilisation.2 Plusieurs milliers d’étudiant-es francilien-nes ont une nouvelle fois défilé dans la rue pour témoigner de leur opposition à la loi ORE. Pendant ce temps, la présidence de l’université de Nanterre a tenté de débloquer l’occupation qui dure en ses murs depuis plusieurs semaines et la première répression policière violente sur ce campus.3 Plutôt que de prendre en compte les revendications étudiantes, les universités cherchent à saboter le mouvement en fuyant la confrontation et en employant la force ou la perfidie pour faire taire la mobilisation universitaire. D’autres manifestations étaient prévues ailleurs en France, notamment à Lyon4 où la mobilisation s’est renforcée depuis quelques jours avec l’annulation de partiels à Lyon 2. Après avoir convergé sous la pluie vers le centre-cille, les manifestant-es ont été nassé-es par la police sans raison.

Grève étudiante et blocage des examens

Tandis que la ministre tente tous les coups bas médiatiques pour saborder la mobilisation étudiante, celle-ci s’emploie pour empêcher les examens de se tenir et enrayer la machine administrative. La première solution est de bloquer physiquement les partiels comme cela s’est passé depuis le début de semaine à Lyon, Paris 8, Marseille, Rennes (à l’IEP) ou encore Nantes (nous mentionnions certaines de ses actions dans le journal de lutte d’hier). Le blocage est d’autant plus difficile que les universités ont tendance à délocaliser les examens hors du campus, sortant les étudiant-es de leur cadre habituel d’études, sectionnant la mobilisation par le simple éloignement géographique. Par ailleurs des occupations/blocages durent toujours malgré la répression policière, largement employée par l’administration pour casser les blocages. Ce matin, les étudiant-es niçois-es ont occupé la présidence de l’université.5 Mais il existe une seconde solution : la grève étudiante. Les étudiant-es de Paris 1 ont d’ailleurs plébiscité cette option, plusieurs partiels étant été annulés par le vote d’une large majorité d’étudiant-es : philo, histoire, communication, etc …6Même schéma aujourd’hui à Nantes où le personnel de l’université était absolument débordé par la contestation de la tenue des partiels par les étudiant-es.7 La mobilisation ne faiblit pas et pour cause : les algorithmes locaux de classement utilisés par les établissements, en remplacement de l’ancien algorithme national APB, ne seront pas publiés. Cette dérogation à la loi numérique de 2016 induit une nouvelle injustice pour tou-tes les candidat-es qui n’auront aucune information sur les délibérations.8

Notes

2. https://paris.demosphere.eu/rv/62096

3. https://twitter.com/NTR_VNR/status/996752794634899456

4. https://rebellyon.info/Appel-a-une-journee-de-mobilisation-19188

5. https://twitter.com/ptf06/status/996747763365883904

6. https://twitter.com/revliott/status/996290861032988672

7. https://twitter.com/UnivNantesLutte/status/996768206961377280

8. http://abonnes.lemonde.fr/campus/article/2018/05/15/parcoursup-le-secret-des-deliberations-sera-maintenu_5299363_4401467.html

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