Assa Traoré: " Le mouvement des gilets jaunes ne peut pas se faire sans nous "

18 Janvier 2019 - Regards

Assa Traoré : " Le mouvement des gilets jaunes ne peut pas se faire sans nous " © Regards

Sur les violences policières

« Aujourd’hui, la violence policière, la violence des gendarmes s’élargit et va vers le monde rural alors qu’avant, elle était seulement sur les quartiers populaires. »

« Ce que les gilets jaunes, ce que la France subit aujourd’hui, ça fait des années que nous on le subit… et nos vies en dépendent : mon frère en est mort. »

« On fait face à un système d’Etat répressif. On a une machine de guerre en face de nous qui n’a ni sentiment ni état d’âme et pour qui tous les coups sont permis. »

« L’Etat a toujours donné un permis de tuer à ses forces de l’ordre. »

 

Sur l’armement de la police

« Quand il y a des jeunes qui se sont fait tuer dans les quartiers populaires, la justice n’a jamais été rendue. »

« Il faut dénoncer la violence policière brutale. »

« Il faut désarmer la police. »

« La police utilise ses armes comme si elle était dans un jeu vidéo. »

« Aujourd’hui, la police fait peur. »

« Pour que la population française se sente en confiance avec sa police, il faut la désarmer. »

 

Sur la médiatisation des violences policières

« Pour la mort de mon petit frère, la médiatisation n’a pas été assez forte ni assez puissante pour dénoncer les forces de l’ordre. »

« On est en train de renverser les choses : les gilets jaunes deviennent les coupables et les policiers et gendarment les victimes alors que c’est complètement faux. »

 

Sur les gilets jaunes

« J’ai toujours été gilets jaunes. Les quartiers populaires ont toujours été gilets jaunes. Depuis plus de 30 ans. »

« Les gilets jaunes, ça ne commence pas en 2018 avec le mouvement où les gens portent des gilets jaunes. »

« Qui peut mieux parler de la précarité, du logement, des violences policières que les quartiers populaires ? »

« Nous, nos vies en dépendent. »

« Aujourd’hui, il faut se tendre la main pour faire face au système répressif. »

 

Sur l’Etat comme système répressif

« Il n’y a pas d’Etat sans le peuple. C’est le peuple qui fait l’Etat. »

« L’Etat doit respecter son peuple et si ce n’est pas le cas, le peuple doit descendre dans la rue. »

 

Sur l’adhésion des quartiers populaires au mouvement des gilets jaunes

« Que les quartiers populaires soient présents ou pas présents sur les mouvements actuels des gilets jaunes importent peu : ils se battent à l’intérieur du quartier parce que c’est là-bas aussi que ce se fait le combat. »

« On doit aussi se poser les questions dans l’autre sens : c’est aussi aux gilets jaunes d’aller porter leurs combats dans les quartiers. »

« Le mouvement des gilets jaunes ne peut pas se faire sans nous. »

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