L’UNEF s’oppose aux réponses répressives et sécuritaires du gouvernement

Ci-dessous la motion votée à l'unanimité par le par le Collectif National de l'UNEF, suivie de la motion 8 Mars votée majoritairement.

Motion présentée par la TACLE, en lien avec les autres tendances, votée à l'unanimité du Collectif National de l'UNEF

L’UNEF s’oppose aux réponses répressive et sécuritaire du gouvernement !

Face à une contestation sociale forte dans la population, le gouvernement a fait le choix de recourir à la force et à des mesures autoritaires. Si les violences policières ne sont pas nouvelles que ce soit dans le cadre de mobilisation étudiante (déblocage d’établissement, violence aux seins des manifestations contre Parcoursup, etc.) ou au quotidien dans les banlieues notamment, le gouvernement a passé un cap en durcissant sa doctrine du maintien de l’ordre lors des derniers mouvements sociaux.

Ainsi, on recense de nombreux·ses blessé·e·s parmi les participant·e·s au mouvement des gilets jaunes, aux mouvements syndicaux sur les facs, ou même parmi les personnes situé·e·s aux abords des manifestations. Les chiffres parlent d’eux même : près de 1 700 blessé·e·s chez les manifestant·e·s dont 94 blessé·e·s graves, ainsi qu’une personne décédée. Le recours aux lanceurs de balle de défense (LBD 40 ou flashball), aux gaz lacrymogène, charges policières, etc. auront été omniprésente. L’usage de ces armes s’est accompagné d’une multiplication des comportements dangereux : tirs de LBD au niveau du visage, utilisation de grenade de désencerclement en dehors des situations prévu·e·s. etc. A cette violence vis-à-vis des mouvements sociaux s’ajoute le prisme des discriminations. En effet, les groupes sociaux minorisés sont plus sujets aux violences policières.

Le gouvernement français, loin de se contenter d’avoir recours aux violences policières, a fait le choix de restreindre un principe à valeur constitutionnelle. En effet, si le gouvernement à travers les forces de l’ordre réprime, mutile, agresse et tue, il entend également nous réprimer par la loi, avec la préparation de la loi “anti casseurs”. C’est notre droit à manifester et à nous faire entendre que le gouvernement remet en cause par cette « loi anticasseur ». Parmi les éléments principaux de cette loi: la possibilité pour la préfecture d’empêcher de manière préventive un·e individu·e de se rendre en manifestation, sans même consulter le juge des libertés, ou encore la création d’un fichier recensant les personnes interdites de manifester. Cette loi crée également un délit de dissimulation du visage en manifestation dont les contours sont flous et renforce les peines encourues par les personnes autrices d’infraction lors de manifestation.

Cette loi aura de fait un impact sur l’activité de l’UNEF : dans un contexte de mobilisation, le fichage et les interdictions de manifester à l’encontre de militant-e-s diminueraient la capacité du syndicat à mobiliser des étudiant-e-s. Par ailleurs les difficultés déjà rencontrées par des étudiant-e-s
étranger-e-s à se rendre en manifestation par peur de représailles ne pourront que s’accentuer.

A Nanterre, deux camarades de l’UNEF sont déjà sous le coup d’une répression syndicale intense : après avoir écopé de 4 mois avec sursis et 6 ferme en 2018, en lien avec leur activité militante sur l’université, ils sont maintenant interdits d’entrée sur l’université pour les mêmes raisons et convoqués en commission disciplinaire. Cette répression a aussi été exercé sur d’autres universités notamment des évacuations policière à Nantes, Lyon, Lille et même une expulsion d’un local syndical en Lorraine. Cette répression syndicale doit cesser, car militer, se syndiquer, participer aux
assemblées générales n’est pas un délit.

C'est un enjeu pour l'UNEF d'empêcher l'exclusion de nos camarades. Si ces militants venaient à être exclu, ça sera un pas en avant dans la criminalisation des l'engagement militant dans les campus.
C'est d'ailleurs le but des présidences d’université, notamment celle de Nanterre, et du ministère de restreindre les libertés syndicales. Le Ministère est intervenu dans le cas des deux camarades lorsqu'ils ont fait appel à l'interdiction d'accès dans le Conseil d’État, en rédigeant un mémoire de défense de 10 pages ! Cela montre que même le Ministère fait de cette affaire une question nationale. A nous, en tant qu'Union nationale, de faire de même.

L’UNEF dénonce la réponse répressive et sécuritaire du gouvernement face à la contestation sociale.
Nous dénonçons ainsi les violences policières exercées depuis plusieurs mois à l’encontre de divers mouvements sociaux et exigeons l’abandon de l’usage des LBD dans les manifestations ainsi qu’un changement immédiat de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement et l’abandon de la loi anti casseurs.

L’UNEF soutient également les camarades de Nanterre victimes de répression en assurant une présence massive au rassemblement de soutien organisé mi mars ainsi qu’en se dotant d’une communication particulière sur la question.

Motion 8 Mars, présentée par la TACLE et votée majoritairement par le Collectif National de l'UNEF

Trop souvent, les mobilisations féministes sont cantonnées à être des mobilisations a minima dans la sphère syndicale, pour autant cette année la date du 8 mars se profile avec un caractère particulier. Après la vague de grève féministe historique qui a marqué le 8 mars 2018 et le mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc, ce 8 mars doit permettre aux étudiantes et travailleuses de repartir à l'offensive contre ce gouvernement et sa politique patriarcale mais aussi contre la droite réactionnaire.
Nous devons construire ce 8 mars comme une date de grève pour l'ensemble des étudiant.e.s, que ce soit des hommes ou des femmes. Les femmes doivent être à l'avant-garde de cette mobilisation mais nous cherchons à ce que cette question soit prise en charge pour l'ensemble de notre camp social. Nous cherchons à lier cette journée à la mobilisation contre les réformes antisociales qui touchent les étudiant-e-s.
En effet, la question des oppressions systémiques et notamment du sexisme est à prendre en compte dans l’analyse des réformes du gouvernement. De nombreuses revendications sont à articuler autour de notre activité syndicale :

Tout d’abord, développer des argumentaires spécifiques aux oppressions systémiques pour chacune de nos campagnes : contre « bienvenue en France », la sélection en L1 ou M1, ou contre la casse de nos diplômes.
Ensuite nous devons porter des revendications nationales liées aux conditions spécifiques des étudiantes : protections périodiques gratuites, utilisation du nom d’usage pour s’inscrire à l’Université, toilette non genrées et le statut de victime pour les étudiantes ayant subi du harcèlement de la part d’un professeur.

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