Les Echos sonnent le tocsin

Dans sa lettre hebdomadaire sur les marchés financiers parue ce jour, Les Echos, par trois coups, sonnent le tocsin ...

18 novembre 2018 - Les Echos

Un Brexit sec

En 2016, la possibilité d’une victoire du Brexit a certes été prise au sérieux et intégrée par les investisseurs durant la campagne. Mais jusqu’au dernier moment, les marchés ont été convaincus que le remain allait gagner. Le jour même du référendum, la Bourse pariait sur un vote en faveur du maintien dans l’UE. Et pourtant…

Aujourd’hui, le scénario semble se répéter. La possibilité d’un « no deal » est évoquée ici et là, mais est-elle prise vraiment au sérieux ? Oui ? Alors pourquoi les marchés ont-ils été secoués par les démissions de ministres ? Dans ce dossier, le défi des investisseurs est immense : anticiper un divorce sans accord revient à imaginer le pire sans aucun repère historique, cela revient en définitive à penser l’impensable, à prévoir l’imprévisible.

Les mouvements de marché cette semaine donnent des indices sur la gravité du choc que représenterait un divorce sans accord. La devise pourrait tomber à 1,20 dollar selon ING, soit une baisse de 6%. Sur les marchés actions, ce sont les valeurs financières et l’immobilier qui vont enregistrer les plus fortes baisses.

Un moment Minsky

Le nom d’un économiste réapparaît de plus en plus dans les articles de presse financière : celui de Hyman Minsky ayant théorisé le principe selon lequel la stabilité finit toujours par générer de l’instabilité. Lors d’une longue phase d’expansion, le souvenir de la dernière crise tend à s’estomper, si bien que les financiers prennent de plus en plus de risques. Du coup, alors que l’endettement ne cesse de progresser et que certains marchés de la dette montrent des signes de surchauffe, les observateurs se demandent si dix ans après la crise, la planète finance n’est pas à l’aube d’un « moment Minsky » où faute de liquidité, les investisseurs vendent leurs actifs massivement déclenchant ainsi une spirale infernale. Un article du « Financial Times » fait le point sur cette question à l’ère des interventions massives des banques centrales. Avec les tombereaux de liquidités injectées, les hypothèses de Minsky sont-elles encore valables, se demande John Plender du FT.

Un graphique noir

L’atterrissage en douceur de l’économie américaine fait de plus en plus polémique. Analystes et observateurs font remarquer que les resserrements monétaires de la Réserve Fédérale sont un exercice très souvent malheureux. Les hausses de taux (la courbe en blanc) ont presque à chaque fois été suivies d’une période de récession (bandes blanches).

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