Les "sans culottes" révoltés sauvent le cerf des mains des saigneurs féodaux -vidéo

Qui sait si l'équipage aura l'arrogance folle d'aller chasser ce même cerf miraculé le mercredi qui vient, alors qu'il est maintenant devenu un symbole ? Un chose est sure : des opposants seront là, de plus en plus nombreux, jusqu'à l'abolition de ce loisir barbare et féodal.

La préfète avait limité l’accès de la forêt d'Etat au public pour que les chasses à courre des saigneurs puissent y avoir lieu. La révolution française de 1789 a pourtant supprimé le monopole de chasse des nobles, Macron le rétablit.

Mais le cerf traqué s'est réfugié près des citoyens... et tout a changé... la meute et ses nobles se sont sauvés, mis en déroute par les citoyens révoltés, le cerf a été sauvé

Récit et vidéo :

Samedi 19 septembre, l'équipage "La Futaie des Amis" sort pour la seconde fois de la saison en forêt de Compiègne. Le cerf qu'ils prennent en chasse dès 8h est bien connu des habitants du coin : il brame derrière le lotissement du 25ème RGA depuis quelques jours

Exténué par sa période de rut, il ne tient qu'une heure de chasse et s'écroule de l'autre côté des immeubles, quasiment devant le Lycée Jean-Paul II.

Premiers arrivés sur la scène, des opposants à la chasse à courre prennent les choses en main et écartent la meute qui s'attaquait au cerf et errait sans surveillance dans la rue.

Le maître d'équipage, lui, préfère se faire discret et envoie ses valets pour récupérer les chiens, face à une foule de plus en plus dense, attirée par le grabuge devant chez eux, mais aussi par nos publications en direct.

Une chose est certaine parmi les personnes présentes : aucun ne veut revivre un nouveau Lacroix Saint-Ouen (village dans lequel le même équipage avait tué un cerf dans le jardin d'un couple de retraités avec l'aval de la Gendarmerie).

L'annonce que les veneurs auraient « gracié » le cerf ne rassure donc personne : le cerf de Lacroix Saint-Ouen était, lui aussi, « gracié », mais sert quand même aujourd'hui de trophée au-dessus d'une cheminée.

Le déploiement de Police se renforce, des lanceurs de flash-balls apparaissent et la foule est repoussée tant bien que mal. On nous expose le « protocole » censé se dérouler : un vétérinaire doit venir ausculter le cerf, l'endormir à l'aide d'une fléchette, et laisser l'ONF le ramener dans les bois.

Mais un agent de l'ONCFS arrive avec un filet et effraye l'animal, qui panique et se jette dans une grille en face de lui ! Il se redresse et bifurque dans un chantier, en direction de la forêt, à travers le terrain d'Air-Soft.

Inquiets que des veneurs puissent le retrouver et le tuer discrètement dans les bois, une quinzaine de personnes se lancent derrière l'animal et quadrillent la forêt aux alentours. Mais aucun chasseur n'a osé le poursuivre : il est sauvé !

Bravo à tous les habitants qui se sont réunis pour défendre la vie de cet animal sauvage, lâchement traqué par 60 chiens, des 4x4, des vélos et des cavaliers ! Et la police pour tenir les gueux à distance du massacre par les saigneurs.

Seule la vigilance populaire qui a pu s'exercer ce matin-là peut sauver ces animaux, peut transformer efficacement nos villes et villages en sanctuaires pour ceux-ci, et en forteresse contre les veneurs sans foi ni loi !

Mais la chasse à courre ne fait que commencer, et un autre animal a eu moins de chance mercredi dernier.

Qui sait si l'équipage aura l'arrogance folle d'aller chasser ce même cerf miraculé le mercredi qui vient, alors qu'il est maintenant devenu un symbole ?

Un chose est sure : des opposants seront là, de plus en plus nombreux, jusqu'à l'abolition de ce loisir barbare et féodal.

À BAS LA CHASSE A COURRE !

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