Djamila Bouhired accuse Macron d’agression contre le peuple algérien

L’héroïne algérienne accuse Macron d'avoir soutenu le coup d'Etat de Bouteflika mais fait une différence entre le gouvernement et le peuple français qui a toujours soutenu et soutient le peuple algérien.

Source: Observalgérie

 Montage photo : Emmanuel Macron, Djamila Bouhired, Abdelaziz Bouteflika

 Montage photo : Emmanuel Macron, Djamila Bouhired, Abdelaziz Bouteflika

 Djamila Bouhired accuse Emmanuel Macron d’agression contre le peuple algérien, en réaction à son soutien aux dernières décisions de Abdelaziz Bouteflika.

L’icône de la Révolution algérienne Djamila Bouhired a commenté « le soutien du président français au coup d’État programmé » de Abdelaziz Bouteflika, dans sa déclaration à la presse locale, ce mercredi 13 mars. La moudjahida considère également que l’action d’Emmanuel Macron est une « agression contre le peuple algérien ».

Djamila Bouhired dénonce « une légitimité historique usurpée, une coalition hétéroclite formée autour du clan d’Oujda, avec l’armée des frontières encadrée par des officiers de l’armée française, et le soutien des « combattants » du 19 mars, ayant pris le pays en otage ».

La figure historique estime que « plus d’un demi-siècle après l’indépendance, le système politique installé par la force en 1962 tente de survivre par la ruse, pour continuer à opprimer les Algériens, détourner nos richesses, et prolonger la tutelle néocoloniale de la France pour bénéficier encore de la protection de ses dirigeants ».

À ce propos, la moudjahida souligne que « le soutien du Président français au coup d’État programmé de [Abdelaziz Bouteflika] est une agression contre le peuple algérien, contre ses aspirations à la liberté et à la dignité », car il est inconcevable pour elle de « voler au secours d’un régime autoritaire » qui est « massivement rejeté par la volonté du peuple algérien ».

« IL S’AGISSAIT LÀ DU DERNIER SIGNE RÉVÉLATEUR DE CES LIENS PERVERS DE DOMINATION NÉOCOLONIALE »

Djamila Bouhired

Un message fort de la part de la moudjahida, qui a combattu dans la zone autonome d’Alger durant l’ère coloniale et qui souligne néanmoins que dans son long combat libérateur, « le peuple algérien ne s’est jamais trompé de cible. Si notre génération a combattu le système colonial, elle a su apprécier à sa juste valeur la solidarité active du peuple français, notamment de son avant-garde progressiste ».

Djamila Bouhired a conclu en lançant un appel à la jeunesse algérienne : « ne les laissez pas voler votre victoire ! » Elle espère enfin que cette jeunesse-là, qui a « repris le flambeau » et renoué avec « le fil de l’histoire interrompu en juillet 1962 », va amener les Algériens à « reconquérir ses libertés ».

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