Encore un journaliste critique de Poutine assassiné

Nikolai Andrushchenko, journaliste-auteur d’articles sur les liens criminels de Poutine, décède après avoir été tabassé à Saint-Pétersbourg. Il avait gagné en popularité en participant à la création du film documentaire «Who is Mister Poutine».

 

20 AVR. 2017 - PAR PIERRE HAFFNER - BLOG : CHRONIQUE DE RUSSIE.

Nikolai Andrushchenko © Prise d'écranNikolai Andrushchenko © Prise d'écran

Journaliste et également cofondateur du journal russe « New Pétersburg », Nikolai Andrushchenko, est mort à Moscou après avoir été battu par des inconnus le 9 mars 2017. Le journaliste a écrit de nombreux articles à propos du « Pétersbourg-gangster » et surtout des liens de Vladimir Poutine avec les réseaux criminels dans les années 1990.

Selon un collègue du défunt, le 9 Mars Nikolai Andruschenko a été ramassé dans la rue par une ambulance. Des inconnus ont battu le journaliste qui était allé à une rencontre. À l’hôpital, il a subi une intervention chirurgicale. Il a été maintenu dans un état de coma artificiel pendant deux semaines.

Hier, 19 avril, Nikolai Andruschenko est décédé à l’hôpital. Il était âgé de 74 ans.

Le rédacteur en chef de « New-Pétersbourg », Denis Usov, pense que l’agression subie par Nikolai Andruschenko a pour cause ses publications journalistiques. Nikolai Andruschenko a beaucoup écrit à propos de « Pétersbourg-gangster » des années 90, sur le chef mafieux Vladimir Coumarine, qu’il affirme avoir vu de ses yeux dans le bureau de réception de Vladimir Poutine, alors maire-adjoint de Saint-Pétersbourg. Nikolai Andruschenko avait aussi écrit à propos du mafioso, Vladimir Smirnov, ancien directeur de la célèbre coopérative de datchas « Ozero », dont Vladimir Poutine est membre fondateur.

Nikolai Andrushchenko était également apparu dans un film documentaire célèbre « Who is Mister Poutine ? » en 2015. Dans le film, le journaliste, qui était au début des années 90 membre du Soviet de Leningrad, a déclaré que Poutine, adjoint au maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobbchak, était « superviseur » de ce dernier et non le contraire. Nikolai Andrushchenko affirmait que Poutine n’avait pratiquement pas d’ami parmi les gens normaux. Ses amis faisaient partie essentiellement du monde criminel.

 

Depuis 1992, 400 journalistes ont été assassinés en Russie, dont 220 sous la présidence de Vladimir Poutine.

Dernièrement, tout le personnel de la rédaction de « Novaïa Gazeta » a été menacé de mort après la révélation par le journal du harcèlement des personnes ayant une orientation sexuelle non traditionnelle en Tchétchénie, des prisons secrètes, de tortures et de leur assassinat. Le journal prend ces menaces tout à fait au sérieux puisque sept journalistes de « Novaïa Gazeta » ont déjà été assassinés, dont Anna Politkovskaïa.

Par contre, le nombre de blogueurs menacés, blessés, rendus invalides ou assassinés se compte par milliers en Russie. Parmi ceux-ci, l’auteur de ces lignes, Pierre HAFFNER, puisque le 20 décembre 20016 j’ai été projeté volontairement au-devant de véhicules en circulation sur une voirie au centre de Moscou par un agent du FSB (ex-KGB) en fonction, Eugène Platov. Un concours de circonstances a voulu que le véhicule qui aurait dû m’écraser se soit arrêté à temps. Derrière toutes ces agressions, il y a la main des services secrets utilisés par le pouvoir pour éliminer les opposants au pouvoir et non pas pour combattre la pègre.

En hommage au journaliste Nikolai Andrushchenko, je joins la première partie du film, que j’ai traduit, « Who is Mister Poutine ». Vous l’apercevrez. Ce film décrit comment Poutine a acheté de l’immobilier à Biarritz, résidence actuelle de sa fille. Mais à Biarritz, la loi du silence prévaut. La mafia ne veut pas être inquiétée en Russie et sur la Cote basque.

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