La destruction des syndicats de lutte a commencé à la SNCF, par Jacques Chastaing

TOUS DANS LA RUE LE 8 FEVRIER

22 janvier 2018 

Le 16 janvier 2018, des négociations ont commencé à la SNCF, portant entre autre sur la nouvelle représentation syndicale, dans la lignée des ordonnances Macron et de la fusion des CHSCT, CE, DP (et, suivant accord, des DS), en une seule instance les CSE.

Le but de Macron est de faire éclater la SNCF en de multiples entités, de les privatiser les unes après les autres, de supprimer les régimes spéciaux de retraite des cheminots et pour cela de liquider le syndicalisme de lutte à la SNCF. En échange, il prendrait à la charge de l'Etat la dette de la SNCF... que l'Etat a lui-même organisée.

L'attaque extrêmement violente de la SNCF contre les syndicats, dont on peut être sûrs qu'elle est combinée avec le gouvernement, va servir de laboratoire, de test, pour les autres entreprises, puisque celles-ci ont jusqu'à fin 2019 pour mettre en place les CSE.

D'après ce que l'on peut savoir, parce que malheureusement pas grand chose ne filtre de ces "négociations", la direction proposerait de 23 à 29 CSE là où il existait auparavant plus de 200 instances CHSCT, CE et DP, soit de 7 à 9 fois moins. En Ile de France, l'entreprise ferroviaire compte 6 CE avec 70 élus plus leurs suppléants et un millier de délégués du personnel titulaire et suppléants et 84 CHSCT où siègent 468 élus ; ils seraient remplacés par un seul CSE. Même chose pour le Grand Est, ou pour 9 départements,Ardennes, Aube, Marne, Haute Marne, Moselle, Meurthe et Moselle, Vosges, Haut-Rhin et Bas-Rhin il n'y aurait plus qu'une instancereprésentative du personnel, un seul CSE.

Les 600 CHSCT disparaîtraient avec un vague remplacement par quelques commissions mais qui n'auront plus de pouvoir, ce qui signifie une explosion des accidents et suicides. Le nombre de délégués serait réduit drastiquement et le nombre d'heures de délégation serait diminué de 63% mais le petit nombre de délégués maintenus verrait leur nombre d'heures augmentées.

Bien sûr, on ne sait pas ce qui sortira exactement de ces négociations, mais le message de la direction SNCF et du gouvernement sont clairs : c'est une véritable destruction du syndicalisme de lutte.

Ce qui avait été amorcé par le gouvernement Hollande avec la loi Rebsamen et les DUP (Délégation Unique du Personnel) pour les sociétés de moins de 300 salariés ou par accord majoritaire dans celles de plus de 300, prend ici toute sa dimension : liquider lesyndicalisme de lutte pour bazarder les retraites, se débarrasser de nombreux militants, licencier par milliers, faire passer laprivatisation, supprimer le service public, augmenter les tarifs, fermer gares, guichets et lignes "pas rentables"...

Ce laboratoire servira ensuite évidemment pour EDF, la santé et les hôpitaux..., la Sécurité Sociale, l'action sociale, la Poste, l'enseignement supérieur puis général et bien sûr en ce qui concerne la représentation syndicale toutes les entreprises du privé

Face à tout cela, la CGT SNCF, seule, n'appelle pas à la grève mais à une seule manifestation le 8 février. Heureusement, des secteurs cheminots appellent à la grève... mais il faudra encore plus pour faire reculer SNCF et gouvernement.

Ce qui se joue à la SNCF nous concerne tous : faisons du 8 février une journée de défense de toute la fonction publique et plus généralement de tous les salariés, les usagers et la population. Participons largement à cette manifestation pour commencer à construire la riposte en 2018 à partir de là.

Le 21.01. 2018, Jacques Chastaing.

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