Les victimes de la violence d'Etat à Mantes appellent à la convergence des luttes

150 jeunes agenouillés par la police, mains sur la tête, des heures durant, au mois de décembre 2018. Voilà qui rapproche le capitalisme sénile marcronard d'autres raffles, notamment pendant la guerre menée par cette même bourgeoisie contre le peuple algérien..

22 mai 2019

Lors de la conférence de presse organisée ce soir mercredi 22 mai par le Collectif de Défense des jeunes du Mantois,  Yessa Belkhodja, porte-parole a appelé à la « solidarité la plus large...à un moment, tous les collectifs et toutes les forces syndicales vont devoir se rejoindre. »

 

Le 16 mai 2019, l'IGPN a communiqué les conclusions de son "enquête" administrative" « pas de faute » commise par les forces de l’ordre ni de « comportements déviants ».

Le Collectif dénonce « une enquête délibérément lacunaire puisque l’IGPN n’a pas jugé bon d’entendre les enfants victimes ou les témoins avant de tirer ses conclusions » et soulignela récurrence de « ces agissements iniques » qui« concernent tous les secteurs du mouvement social et de la société civile, tant ils condensent la violence des pouvoirs publics contre sa propre population, particulièrement depuis décembre 2018, tant ils rappellent la menace réelle qui plane sur le simple droit de manifester ».

La conférence de presse s'est déroulée dans les locaux et avec l'appui d’Info’Com CGT et de représentants syndicaux. « Nos camarades des quartiers populaires s’en prennent plein la gueule tous les jours et personne n’est jamais sanctionné, a déclaré, à cette occasion, Louis Boyard, président de l’UNL (Union nationale lycéenne), le premier à porter plainte après les faits. Là, il faut gagner. »

« Ces enfants ont été humiliés gratuitement », a dénoncé Aurélia Sarrasin, du SNES-FSU (syndicat national des enseignants du second degré). « Cette répression est déjà à l’œuvre depuis longtemps dans les quartiers », a rappelé Murielle Guilbert, secrétaire nationale de l’union syndicale Solidaires. « Il ne peut y avoir d’impunité à humilier ces enfants », s’est insurgée une représentante d’Info’Com CGT.

Un collège de cinq avocats défend la vingtaine de familles qui a porté plainte. « Ce qu’on entend est bien plus grave que ce que l’on peut voir dans la vidéo », affirme Me Arié Alimi, qui a déposé plainte avec constitution de partie le 6 mai pour forcer la saisie d’un juge d’instruction et faire accélérer l’enquête. 

Présent à la conférence de presse, Yasser, 17 ans, a décrit les conditions de sa garde à vue : « On était quinze dans une cellule prévue pour cinq. (…) Ils [les policiers] nous appelaient en disant : “eh l’arabe”, “eh le noir’. La policière de garde a dit : “on se croirait au zoo de Thoiry.” »

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