Non aux contrôles ou examens dématérialisés

Nous ne sommes pas opposé-e-s à la tenue de cours en ligne ou de classes virtuelles, si des personnes souhaitent les dispenser ou les suivre, mais nous refusons le rendu de toute forme d’évaluation notée et la prise en compte de l’assiduité.

 Source: UNEF - TACLE : Tendance Action Collective et Luttes Etudiantes

Depuis le lundi 16 mars, suite à la décision de Macron face au Covid-19, l’ensemble des universités sont fermées.

Localement, nous voyons se développer peu à peu les cours en ligne, les cours par visio conférences, et mêmes des contrôles ou examens dématérialisés. Nous tenons à réaffirmer notre opposition à ce type de pratiques, et ce pour plusieurs raisons.

En effet, avec l’ensemble des BU et bibliothèques fermées, les inégalités dans l’accès au numérique se renforcent, et ne permettent pas d’étudier dans des conditions acceptables. Rappelons qu’un-e étudiant-e sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, et n’a pas forcément accès facilement à un ordinateur et une connexion internet. Le confinement, qu’il soit dans un 9m2 de cité-U avec une faible (ou inexistante) connexion internet, ou chez ses parents (avec frères et soeurs, un seul ordinateur) n’y aide en rien. Ajoutons à cela les étudiant-e-s salarié-e-s, que ce soit par des entreprises non essentielles maintenant pourtant leur activité, ou en télétravail, faisant face à une multiplication d’heures supplémentaires.

De plus, nous maintenons notre opposition à la tenue d’examens en ligne gérés par le privé, comme le prévoit le “Plan de continuité pédagogique” (https://urlz.fr/c5vk - pages 4&5), via par exemple le prestataire TestWE (tarifant un examen à 17€ par étudiant-e, ce qui reviendrait par exemple à 114 784€ pour faire passer un examen à tous les L1 de l’Université Paris-Nanterre).

En outre, nous rappelons qu’un examen à distance ne peut pas avoir lieu si l’Université ne peut pas vérifier et garantir que chaque candidat-e dispose des moyens techniques pour être évalué-e. L’article D611-12 du Code de l’éducation dispose que : « La validation des enseignements contrôlée par des épreuves organisées à distance sous forme numérique, doit être garantie par : 1° La vérification que le candidat dispose des moyens techniques lui permettant le passage effectif des épreuves »

La seule option qui éviterait de faire payer doublement aux étudiant-e-s les conséquences de cette situation, qui ne pénalise ni les étudiant-e-s en contrôle terminal, ni les étudiant-e-s ayant fait grève contre la LPPR et la réforme des retraites, et qui ne défavorise pas sur le plan des résultats ou sur le fait qu’elle ne reporte pas le calendrier universitaire c’est la validation automatique du semestre. En ce sens, la CFVU de l’Université de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle a voté pour une note plancher à 12 et, malgré les tentatives honteuses de la Présidence de ne pas l’appliquer, des négociations sont en cours pour voir son application.

Nous ne sommes pas opposé-e-s à la tenue de cours en ligne ou de classes virtuelles, si des personnes souhaitent les dispenser ou les suivre, mais nous refusons le rendu de toute forme d’évaluation notée et la prise en compte de l’assiduité.

Les Présidences nous vantent la présupposée “valeur de nos diplômes” pour justifier l’application de cette aberration pédagogique que constituent les cours en ligne. Ils supposent que ne pas tenir les examens en ligne reviendrait à pénaliser les étudiant-e-s qui essuieront des refus lors des candidatures en Master ou au moment de trouver un emploi, car ils auraient des diplômes dévalorisés. Quelle ironie de voir que ceux qui hier réduisaient les budgets de l’ESR, dégradant ainsi la qualité de nos enseignements, et restreignaient l’accès aux études en imposant des mesures sélectives, aujourd’hui se font les fervents défenseurs de nos diplômes! Ce ne sont pas les cours sur Skype qui permettront d’avoir accès au Master ou d’avoir un emploi. C’est en mettant fin à la sélection en M1 et en investissant de l’argent afin de créer des places qu’on pourra garantir la poursuite d’études. C’est en arrêtant les licenciements et en créant des emplois, notamment dans le service public, qu’on pourra garantir l’obtention d’un travail pour toutes et tous!

En réalité, la tenue de partiels dans de telles conditions, en renforçant les inégalités, va rendre plus difficile l’obtention d’un diplôme pour les étudiant.e.s les plus défavorisé.e.s, et donc accroître la sélection déjà existante. La validation automatique est donc la seule mesure qui permet aux étudiant-e-s de poursuivre leurs cursus sans entraver le déroulement du calendrier universitaire.

C’est pour cela que, nous appelons l’ensemble des étudiant-e-s à s’organiser collectivement dans ce sens, par promotions, par filières, par UFR, et à envoyer des mails à leurs présidences, professeurs, doyens, directeurs d’UFR ou de composante, en exigeant cette mesure.

Nous lançons un appel à toutes les structures syndicales étudiantes, collectifs, comités de mobilisation ou associations, qu’elles soient nationales, locales, rattachées ou non à une organisation syndicale nationale, afin de taper collectivement ensemble dans le sens d’une validation automatique nationale.

Dans les universités où nous sommes présent-e-s, nous organisons des permanences afin d’aider les étudiant-e-s à obtenir satisfaction sur cette demande, mais également pour demander le report des stages, rendus de mémoire, etc.

Pour plus d’informations sur les permanences :
★ UNEF Le Mans : https://www.facebook.com/unef.lemans
★ UNEF Grenoble : https://www.facebook.com/unef.grenoble/
★ UNEF - TACLE Nanterre : https://www.facebook.com/UNEFTACLE
★ UNEF - TACLE Lille : https://www.facebook.com/UNEF-TACLE-Lille-2385588861726588/
★ UNEF - TACLE Lyon : https://www.facebook.com/UnefTacleLyon

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