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Billet de blog 26 oct. 2021

L’écosocialisme, pas l’extinction!

Nous publions ici un manifeste adopté à la veille du sommet de Glasgow par diverses organisations du monde anglo-saxon.

Jean-Marc B
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 Manifeste publié sur le site Socialist Project en date du 24 octobre 2021; traduction par la rédaction de A l’Encontre

La COP 26 se déroule dans un contexte de chaos climatique et de dégradation écologique croissants, après un été sans précédent de canicules, d’incendies de forêt et d’inondations. Le changement climatique nous heurte de plein fouet et nous nous affrontons à de multiples crises interconnectées et inséparables – du climat, de l’environnement, de l’extinction écologique, de l’économie et des zoonoses.

En tant qu’écosocialistes, nous affirmons qu’un autre monde est possible, mais qu’une transformation sociale et politique massive est nécessaire, exigeant la mobilisation de la masse des travailleurs et travailleuses du monde entier. Seule la fin de l’implacable poursuite du profit privé par le capitalisme, du gaspillage sans fin et de la course effrénée à la croissance peut apporter une solution non seulement au changement climatique, à la dégradation de l’environnement et à l’extinction écologique massive, mais aussi à la pauvreté, à la faim et à l’hyper-exploitation dans le monde.

Les grandes questions relatives au changement climatique seront débattues à Glasgow (31 octobre – 12 novembre), mais quel que soit l’accord conclu, le capitalisme peut, au mieux, atténuer le changement climatique, mais pas l’arrêter. Les véritables solutions pour le climat ne peuvent pas être fondées sur le système de marché qui a créé le problème. Seule la classe laborieuse organisée, les opprimé·e·s des et les Premières nations du Sud – femmes et hommes – ont le pouvoir de mettre fin au capitalisme, parce que leur travail produit toute la richesse et qu’ils n’ont pas de grande richesse à perdre si le système change, ni d’intérêts particuliers dans l’inégalité, l’exploitation et le profit privé.

Agir maintenant pour stopper le changement climatique! Nous exigeons:

  • Tous les combustibles fossiles doivent rester dans le sol – pas de nouveau gaz, charbon ou pétrole!
  • Un passage rapide aux énergies renouvelables pour les transports, les infrastructures, l’industrie, l’agriculture et les foyers.
  • Un programme mondial massif de travaux publics investissant dans les emplois verts et remplaçant les emplois dans les industries non durables.
  • Une transition juste financée au niveau mondial pour que les pays du Sud puissent développer les technologies et les infrastructures durables nécessaires.
  • Une réduction majeure des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 70 % d’ici à 2030, par rapport au niveau de référence de 1990. Cette réduction doit être globale – englobant toutes les émissions d’origine militaires, aériennes et maritimes – et inclure des mécanismes de comptabilité transparente, de mesure et de contrôle populaire.
  • La fin des systèmes d’échange de droits d’émission.
  • La fin immédiate de l’usurpation et de la destruction des territoires des peuples indigènes par l’extractivisme, la déforestation et l’appropriation des terres.

Durabilité et justice mondiale

La crise mondiale à long terme et les effets immédiats des événements catastrophiques ont un impact plus sévère sur les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes LGBTQ+ et handicapées et les peuples des Premières Nations. Une stratégie écosocialiste place la justice sociale et les luttes de libération des opprimé·e·s au cœur de ses préoccupations.

Les migrations sont, et seront de plus en plus, provoqées par le changement climatique ainsi que les conflits et guerres qui en découlent pour les ressources. L’adaptation et le soutien à la libre circulation des personnes doivent être une politique fondamentale ainsi qu’un élément nécessaire de la planification pour l’avenir.

Nous demandons:

  • L’annulation immédiate de la dette internationale des pays du Sud.
  • Un changement rapide du modèle des fermes «industrielles et de l’agrobusiness de monoculture à grande échelle vers des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement et des investissements dans les technologies agricoles vertes afin de réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides synthétiques dans l’agriculture et de les remplacer par des méthodes biologiques ainsi qu’un soutien aux petits agriculteurs.
  • Une réduction importante de la production et de la consommation de viande et de produits laitiers par l’éducation et la fourniture ainsi que la promotion d’alternatives végétales de haute qualité et à un prix abordable.
  • La promotion de systèmes agricoles fondés sur le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire, les droits de l’homme ainsi que le contrôle local des ressources naturelles, des semences, des terres, de l’eau, des forêts, des connaissances et des technologies, afin de mettre fin à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans les pays du Sud.
  • La fin de la déforestation dans les forêts tropicales et boréales par la réduction de la demande de nourriture, de bois et de biocarburants importés.
  • La fin de l’extractivisme destructeur sur le plan écologique et social, en particulier dans les territoires des peuples indigènes et des Premières nations.
  • Le respect des droits économiques, culturels, politiques et fonciers des peuples indigènes et des Premières Nations.
  • Une augmentation massive des zones protégées pour la conservation de la biodiversité.
  • La fin de la précarité énergétique par la mise en conformité des maisons et des bâtiments existants avec des technologies durables et efficaces sur le plan énergétique.

Nous exigeons une transition juste:

  • La requalification des travailleurs et travailleuses des industries nuisibles à l’environnement en emplois alternatifs bien rémunérés, dans la nouvelle économie.
  • L’implication totale et démocratique des travailleurs et travailleuses afin d’exploiter leur énergie et leur créativité pour concevoir et mettre en œuvre de nouvelles technologies durables et mettre hors service les anciennes technologies non durables.
  • Des ressources pour l’éducation populaire et la participation à la mise en œuvre et au renforcement d’une transition juste, avec une éducation à l’environnement intégrée à tous les niveaux dans les programmes scolaires.
  • Le développement urgent de transports publics durables, abordables et de haute qualité, avec un plan intégré complet qui répond aux besoins des gens et réduit l’utilisation de la voiture privée.
  • Une économie écosocialiste planifiée qui élimine le gaspillage, les doublons et les pratiques nuisibles à l’environnement; une réduction de la durée de la semaine de travail et une augmentation correspondante du temps de loisirs.
  • Des pratiques de travail réorganisées en mettant l’accent sur une flexibilité équitable et un travail plus proche du domicile, en utilisant une infrastructure à large bande gratuite et rapide.

En tant qu’écosocialistes, nous proposons une vision d’un monde juste et durable et luttons avec chaque once de notre énergie pour chaque changement, aussi petit soit-il, qui rend un tel monde possible. Nous organiserons et aiderons, dans la mesure du possible, les organisations de salarié·e·s et les organisations communautaires au niveau international, en présentant nos exigences face aux gouvernements et en défiant les entreprises.

En complément tous les jours la rubrique Ecologie de la Revue de Presse Emancipation!

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