9 jeunes sur 10 dans le monde disent ma génération doit changer le monde...-Ipsos

...mais aussi qu’ils n’y sont pas assez préparés.

Source: IPSOS

À l’occasion de la Journée internationale de l’Éducation, WISE a dévoilé les résultats de son enquête sur la manière dont les jeunes perçoivent leur éducation et la confiance qu’ils ont en l’avenir. L’enquête a été menée par Ipsos dans 20 pays au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, et en Europe, auprès de 9 509 jeunes âgés de 16 à 25 ans. Les principaux résultats de l’étude ont été présentés lors de l’événement co-organisé par l’UNESCO et le Centre de Recherche Interdisciplinaire (CRI) « Apprendre pour les personnes, la planète, la prospérité et la paix ».

L’enquête montre que 87 % des jeunes pensent que leur génération doit agir pour améliorer le monde. Mais les systèmes éducatifs nationaux s’adaptent-ils réellement à leurs aspirations ? Apparemment non, puisque seule la moitié des jeunes interrogés déclarent se sentir préparés pour améliorer le monde, et moins de la moitié d’entre eux (48 %) se considèrent suffisamment prêts pour comprendre les grands problèmes de société et pour agir afin de trouver les solutions pour les résoudre (seulement 43 %).

Offrir aux jeunes les outils adéquats et le bon état d’esprit pour relever les enjeux sociétaux semble plus que jamais nécessaire, afin de les aider à répondre à leurs préoccupations qui, pour 85 % des jeunes interrogés, concernent principalement l’état de notre planète. L’enquête WISE révèle ainsi que les jeunes sont d’abord préoccupés par « la pauvreté et les inégalités sociales », puis par « le changement climatique et l’environnement » et par « l’accès à l’emploi ». Pourtant, seule une minorité de jeunes est actuellement activement engagée sur ces questions (respectivement 17 %, 19 % et 20 %).

D’après les jeunes interrogés, les trois principales raisons d’aller à l’école sont : 1) et 2) élargir ses connaissances et être préparés pour l’avenir (89 % les considèrent comme tout aussi importantes), 3) trouver un emploi et gagner de l’argent (87 %). Comprendre le monde qui les entoure et être en mesure d’avoir un impact positif sur leur communauté sont des raisons qui n’arrivent respectivement qu’en 6e et 9e position.

De nos jours, les jeunes n’attendent pas nécessairement de l’école qu’elle fasse d’eux des citoyens plus actifs et équilibrés, mais plutôt qu’elle les prépare à affronter l’avenir sur un plan personnel. Cette dernière affirmation est confirmée par les résultats de l’enquête, qui montre que plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent être suffisamment préparés pour prendre soin d’eux (64 %), gérer les priorités (58 %), prendre soin des autres (58 %), trouver un métier qu’ils aiment (54 %, bien que ce chiffre ne s’élève qu’à 37 % en Corée du Sud et à 43 % au Canada, alors que ces deux pays figurent parmi les premiers du classement PISA).

« Les jeunes sont conscients des défis auxquels notre monde est confronté et savent qu’ils ont la responsabilité, en tant qu’adultes, de les relever. Mais ils sont également pragmatiques, à la fois sur leur niveau de préparation — ils ne se sentent pas encore tout à fait prêts — et sur la nécessité d’être des participants actifs à l’économie. Il appartient donc aux décideurs politiques de créer les conditions qui permettront aux jeunes de prospérer et de développer les solutions qui feront avancer le monde », a déclaré Stavros N. Yiannouka, PDG de WISE.

L’enquête montre également que les jeunes accordent une réelle valeur à leur éducation : près de 90 % affirment que l’éducation ne se limite pas à apprendre pour faire carrière mais qu’elle est précieuse en soi. De plus, pour 84 % d’entre eux, l’apprentissage en dehors de l’école est tout aussi important que l’apprentissage à l’école.

Il est intéressant de noter que l’enquête montre également que 80 % des jeunes se déclarent satisfaits ou plutôt satisfaits de leur éducation, bien que seulement 27 % se disent « totalement satisfaits ». Cependant, en approfondissant, on s’aperçoit que les jeunes voient deux axes d’amélioration majeurs à leur éducation. Tout d’abord, une approche plus personnalisée : 60 % des jeunes interrogés disent souhaiter que leurs enseignants leur donnent des conseils plus personnalisés sur leur orientation et des moyens d’apprendre et d’étudier qui soient adaptés à leurs besoins. Ensuite, plus de place pour les compétences du xxie siècle : plus de la moitié des jeunes affirment que leur scolarité accorde peu de place aux nouvelles technologies (intelligence artificielle, codage, etc.), à la créativité et à la curiosité (44 %) et aux compétences en communication et en organisation (41 %).

Zoom sur la France

Par ailleurs, seulement 58% des Français pensent que le contenu des cours intéresse les élèves, le plus bas taux en Europe ex-aequo avec les Allemands, contre 80% en Finlande, 63% en Russie et 73% au Royaume-Uni.

Ils estiment aussi que leur système éducatif n’est pas juste. Moins d’un jeune Français sur deux estime qu’il offre à chacun des opportunités équitables. Les jeunes Finlandais, a contrario, pensent à 78% que leur système offre à chacun les mêmes opportunités, comme 60% des jeunes Allemands ou 57% des jeunes Britanniques.

Les jeunes Français sont d’ailleurs les moins nombreux en Europe à juger que chacun a le même accès à l’éducation quel que soit son milieu (vs 79% en Finlande, 70% en Allemagne, 60% en Russie et 68% au Royaume-Uni)

Ils sont aussi les plus critiques en Europe vis-à-vis du traitement des filles et des garçons. 70% pensent qu’ils sont traités de manière équitable à l’école et seulement 41% estiment que garçons et filles ont les mêmes chances sur le marché du travail. Les Français sont systématiquement les plus pessimistes derrière le Royaume-Uni, la Russie, l’Allemagne et la Finlande.

Ils ne sont que 44% à juger que la qualité des enseignants est très bonne ou excellente, et seuls 43% estiment que la diversité des matières est suffisante.

Afin que les jeunes soient prêts à affronter leur avenir et les défis mondiaux qui les attendent, il est évident que des améliorations à grande échelle des systèmes éducatifs, dans tous les domaines, sont nécessaires. Qu’il s’agisse des outils pour comprendre les problèmes de nos sociétés et y faire face, ou des compétences d’apprentissage particulières, l’enquête WISE nous donne un aperçu des évolutions que les jeunes pensent nécessaires en termes d’éducation.

Télécharger le résumé de l’enquête

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