Un aperçu (non exhaustif) des mobilisations en cours dans les hôpitaux

Source: L'Anticapitaliste

 

Saint-Denis
Mercredi 20 mai 2020, des infirmierEs, des aides-soignantEs, des agentEs de service hospitalier, des rééducateurEs, des technicienEs.… de tous les services de gériatrie et de médecine physique et de réadaptation de l’hôpital Casanova, un des deux sites du Centre hospitalier de Saint-Denis, ont ouvert les grilles, closes depuis le début de l’épidémie, pour faire du bruit et brandir leurs revendications dans la rue.

Des habitantEs et des coups de klaxon de soutien ont accompagné leurs slogans. Ce qui a été discuté en assemblée générale, c’est de participer à des mobilisations coordonnées comme les « jeudis de la colère » initiés à Robert-Debré. Il semblerait que l’idée ait un écho chez de nombreux collègues de différents hôpitaux. Sur l’autre site du CH de Saint-Denis, Delafontaine, l’AG a eu lieu lundi 25 mai et, déjà, les collègues de Casanova sont prêts à ressortir jeudi prochain, heureux de s’être retrouvés touTEs ensemble et d’avoir fait entendre leur voix !

Robert-Debré (Paris)
Malgré la crise sanitaire, le Collectif inter-hôpitaux de Robert-Debré a maintenu le lien avec l’ensemble du personnel de l’établissement. Aux premiers signes de l’accalmie, le CIH a pris l’initiative d’une AG, le 28 avril, qui a décidé de désobéir pour sortir dans la rue le 1er Mai. Nous étions une vingtaine à aller à la rencontre des confinéEs qui, de leur fenêtre, de leur balcon ont participé à cette première casserolade. EncouragéEs par cette audace, les militantEs du collectif, syndiquéEs et non syndiquéEs, représentatifs de touTEs les hospitalièrEs, ont décidé de lancer #JeudisColère. En lien avec les réseaux militants des communes limitrophes, la mobilisation s’amplifie tant au sein de l’hôpital qu’aux alentours. Les collectifs nés lors de la lutte contre la réforme des retraites sont aussi de la partie. Du 7 au 14 le flot grossit et, enfin le 21 mai, 800 manifestantEs applaudissent les prises de parole du Printemps de la psychiatrie, des porte-parole venuEs de Tenon, de la Pitié, de Delafontaine…

René-Muret (Sevran)
L’ hôpital gériatrique René-Muret à Sevran est en alerte depuis presque deux ans. L’ARS et l’AP-HP avaient décidé de supprimer la totalité des lits de soins de longue durée, soit 179 lits. Après une lutte acharnée soutenue par des éluEs, la suppression a été réduite à 50 % des lits.

Les hospitalierEs de René-Muret se rassemblent, une fois par semaine, pour une casserolade et revendiquer l’augmentation des salaires, l’arrêt des fermetures de lits, l’augmentation des effectifs ainsi que l’augmentation du budget de fonctionnement de l’hôpital public.

À ce jour, la vigilance de l’intersyndicale Sud et CGT et du comité de lutte de l’hôpital est toujours de mise. En effet, des services, durant la période de coronavirus, ont été fermés pour redéployer les effectifs sur les services Covid+. Nous demandons, à ce jour, la réouverture de tous les services de gériatrie, d’autant que l’ouverture au printemps 2021 d’un centre de gériatrie privé Korian à proximité de l’hôpital fait peser une menace sur l’offre de soins publics de gériatrie.

La Pitié-Salpêtrière (Paris)
La semaine dernière, on a eu droit à la visite de Macron, venu faire son show et son pseudo mea culpa. Aux collègues qui l’ont interpellé, il a promis des augmentations de salaire et des embauches. Il a juré avoir pris la mesure de la situation. Des collègues ont quand même réussi à le coincer sur la question des masques et des salaires. Il est vrai que les réorganisations incessantes pendant la période Covid, les conditions de travail ont continuer d’échauffer des collègues déjà bien énervées après un an de mobilisation sur l’hôpital. Si certainEs collègues gardent espoir que le gouvernement ait entendu la demande des hospitaliers, la plupart ont bien conscience que les annonces risquent de rester lettre mortes sans mobilisation.  

Hôpital Tenon (Paris)
Mercredi 20 mai avait lieu un rassemblement devant l’hôpital Tenon à Paris dans le 20e. Environ 300 personnes étaient présentes : des personnels hospitaliers et des mouvements de soutien du 20e arrondissement composés de l’interpro du 20e qui était active pendant le mouvement des retraites (profs, RATP, SNCF, poste et autres), le collectif IVG du 20e, des Gilets jaunes et des soutiens d’organisations politiques du NPA et La France insoumise.

Ce rassemblement très joyeux, au son de « On est là », a permis d’exprimer les revendications des personnels hospitaliers à savoir l’embauche des personnels, augmentation du nombre de lits à hauteur des besoins et augmentation des salaires de touTEs les hospitaliers.

Pendant la crise, l’hôpital Tenon a pu bénéficier du large élan de solidarité des habitantEs du 20e : repas et gâteaux faits par des particuliers, confection de masques en tissu, visières par imprimante 3D, mise à disposition d’appartements pour les soignantEs, croissants distribués par les boulangeries avoisinantes…
Une vraie solidarité s’est créée, qu’il faut garder pour les différentes luttes à mener ensemble.

Finistère
Fortes d’une première conférence de presse organisée par Sud Santé Sociaux du Finistère, qui appelait les autres organisations syndicales, collectifs de défense des hôpitaux et maternités et usagerEs à participer à la mobilisation du 16 juin au niveau du département, les sections sont retournées dans leurs hôpitaux car pour elles et eux il en va de la responsabilité de tous pour que les beaux discours du président aboutissent à un changement.

Au CH de Morlaix et au CHU de Brest, les syndicats CGT ont accepté de répondre à cette invitation mais à condition d’organiser des rassemblements locaux.

Au CH de Quimper, des banderoles fleurissent sur les grilles d’entrée pour exiger une revalorisation des salaires pour toutes et tous, l’augmentation des effectifs et contre la fermeture des services.

Clermont-Ferrand
Pour faire suite à la pétition lancée par l’intersyndicale CGT, FO, SUD du CHU qui réclame des moyens pour soigner, un rassemblement a été organisé le 19 mai devant la direction du CHU de Clermont-Ferrand.

200 à 300 personnes étaient présentes, des salariéEs du CHU mais aussi des soutiens aux personnels soignants pour une bonne moitié, composé de militantEs de plusieurs associations (Bas les masques, ATTAC, Gilets jaunes), des syndicalistes CGT, FO, Solidaires et UNEF et des organisations politique (NPA, FI).

Deux autres rassemblements ont eu lieu, à l’appel du collectif « Bas les masques » et à l’initiative de Gilets jaunes pour soutenir les soignantEs et défendre l’hôpital public, le lundi 11 mai et le samedi 16 mai, avec environ une soixantaine de présentEs à chacun de ces rassemblements.

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