Deliveroo: "le digital n'est pas capable de vivre sans les livreurs"

La société ubérisée promet un enfer social. Paradis des auto-entrepreneurs avec horaires à la carte ou enfer de l’esclavage moderne, le débat est relancé après la première grève des forçats du vélo, les livreurs de repas de Deliveroo.

28 Août 2017 - Arrêt sur image

Livraison à domicile : service ou servitude ? 

 Débat que nous poursuivons sur notre plateau avec Jérôme Pimot, ancien coursier, porte-parole du Collectif des Livreurs Autonomes de Paris (CLAP75), Ousman Cissokho, livreur à vélo, Denis Jacquet, président de l'Observatoire de l'ubérisation et co-auteur du livre Ubérisation, un ennemi qui vous veut du bien ? (Éditions Dunod, 2016) ainsi que notre chroniqueuse et historienne Mathilde Larrère.

La différence de traitement médiatique à l’arrivée des plateformes de livraison de repas à domicile, soit entre 2015 et cet été, est flagrante. Liberté et argent facile hier, précarité voire esclavagisme aujourd’hui. Pour Jérôme Pimot, en deux ans, la dégradation des conditions de travail et de la rémunération des livreurs, est manifeste. A l’arrivée d’un nouvel acteur (d’abord Tok tok tok puis Take eat easy puis Deliveroo puis Foodora) les livreurs sont d’abord choyés avant d’être pressurés. Conséquence: première grève à Marseille en mai. Ousman Cissokho, livreur, confirme que chez le leader actuel Deliveroo, il est payé à la course (5,75 €) mais au forfait chez Foodora. Denis Jacquet fait remarquer que les grévistes étaient néanmoins ultra-minoritaires. Pour Mathilde Larrère, cette minorité n’enlève rien à la réalité des conditions de travail des livreurs.

A quoi correspond le statut d’auto-entrepreneur ? Pimot explique que le livreur cotise uniquement au RSI, pour la maladie, mais non pour le chômage, la retraite, etc. Il possède son propre vélo. Pour le planning, les premiers inscrits...

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