Chirac et l'Afrique: ignorance et colonialisme

Pour les médias aux ordres, non moins ignorants et réactionnaires, rappel de quelques citations fameuses de Jacques Chirac sur l’Afrique au cours de sa carrière

Source: Survie

  • « Je suis fier de l’œuvre coloniale de la France. Il n’y a que les intello-gaucho-masochistes pour critiquer cela. C’est pourtant une image superbe de la France. Quand Jacques Médecin inaugure, à Nice à une place de l’Indochine, je dis qu’il à raison. »
    Jacques Chirac, Libération, 12/03/1988
  • « C’est que les pays d’Afrique ont une caractéristique, c’est d’être divisés, non pas par l’idéologie. Il n’y a pas d’affrontement idéologique entre Africains dans tel ou tels pays, mais des divisions ethniques. Il y a dans ces pays un très grand nombre de tribus qui ont leurs traditions, qui ont leur culture, qui ont leur histoire et qui se sont toujours battus. Le grand effort des dirigeants modernes de ces pays depuis les indépendances, c’est de rassembler ensemble ces gens, de les faire s’entendre et de réaliser l’unité nationale et l’effort de redressement.
    Dès que vous envisagez la création, comme cela, simplement parce que l’Europe considère que c’est bien, d’un certain nombres de partis, ce que je peux comprendre, que se passe t-il ? Vous avez immédiatement un parti par tribu et au lieu d’avoir la démocratie, vous avez l’affrontement et un risque d’anarchie. Il faut tout de même réfléchir avant d’imposer à tous ses certitudes. La démocratie peut revêtir un certain nombre de formes. J’entendais tout à l’heure qu’on avait le choix entre un parti et un autre parti. Cela n’a aucun sens en Afrique où il n’y a pas de clivages idéologiques. 
     »
    Interview de Jacques Chirac par Catherine Nay sur Europe 1 en 1990.
    Réponse à la question "[n’est-il pas] un peu raciste de dénier aux Africains le droit d’avoir plusieurs partis comme n’importe quel citoyen du monde ?"
  • « Pacification, mise en œuvre des territoires, diffusion de l’enseignement, fondation d’une médecine moderne, création d’institutions administratives et juridiques, voilà autant de traces de cette œuvre incontestable à laquelle la présence française a contribué non seulement en Afrique du Nord mais aussi sur tous les continents... A cet hommage que nous dictent le respect, l’admiration et la reconnaissance, nous joindrons aussi celui que nous devons à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué à la grandeur de notre pays en incarnant l’œuvre civilisatrice de la France. Nous ne saurions oublier que ces soldats furent aussi des pionniers, des bâtisseurs, des administrateurs de talent qui mirent leur courage, leur capacité et leur cœur à construire des routes et des villages, à ouvrir des écoles, des dispensaires, des hôpitaux. »
    Jacques Chirac, président de la République Française en 1996, lors de l’inauguration, à Paris, d’un monument à la mémoire des victimes civiles et militaires françaises de la guerre d’Algérie. Cité par Le Canard Enchaîné, 08/02/2006
  • « Il faut bien que les dictateurs gagnent les élections, sinon ils n’en feront plus ! »
    Jacques Chirac, interrogé hors micro sur l’évolution démocratique du continent africain. Propos cités par Le Canard enchaîné du 28/07/1999, repris par François-Xavier Verschave dans Noir Silence (Les arènes, 2000).
  • « Ils sont joyeux, parce que les Africains sont joyeux par nature. Ils sont enthousiastes. Ils ont le sourire. Ils applaudissent. Ils sont contents. Ils voient qu’il y a un monsieur qui passe, cela leur permet d’être sur le bord de la route. Ils sont contents, bien !  »
    Jacques Chirac, cité par Le Monde, 16/11/2004

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