Réponse de Poutou à Castaner, sa milice et ses supplétifs fascistes

Après une image postée sur tweeter par Philippe Poutou dénonçant la répression, Castaner, plusieurs syndicats de policiers ont réagi violemment. De même, l’extrême-droite n’a pas hésité à ouvrir une offensive moyennant des réponses insultantes, violentes et menaçante. Comme l’affirme Philippe Poutou : "La « haine » m’est reprochée à tort, elle est de leur côté. "

Source: RP-lundi 30 mars

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 C’est donc une photo de CRS soulignée d’un « pas toi » (pas de remerciement) qui provoque une vague de réponses insultantes, violentes et menaçantes, bien dans le style maison. Des messages repris notamment par l’extrême droite (RN et toute sa nébuleuse fascisante), donc bien politisé, à juste titre.

La « haine » m’est reprochée à tort, est pourtant de leur côté. Certes cette photo est volontairement polémique, d’une ironie clairement affichée.

Mais un message pas supportable pour Castaner et cie qui prennent la posture de la pauvre victime innocente, sans aucune honte, pas à une imposture près.

Car le problème posé, tout le monde le sait, tout le monde en parle et s’en souvient. À l’heure où le gouvernement nous intoxique avec « l’union nationale » histoire de dissimuler son incapacité grave dans la gestion de l’épidémie, le voilà qu’il présente le personnel soignant comme des héros. Ce même personnel qui avait été gazé, frappé, violenté par ce même gouvernement et ses forces de répression. Ce même gouvernement qui avait frappé aussi les pompiers, autres « héros » du moment. Ce même gouvernement qui a justifié les restrictions budgétaires des hôpitaux, qui a comme tous les autres gouvernements, a finalement fragilisé les services publics aggravant la crise sanitaire. Ce même gouvernement qui n’a cessé d’envoyer ses forces de répression contre les syndicats, les associations, les salarié.e.s, les gilets jaunes qui manifestaient justement pour défendre la santé pour toutes et tous, pour défendre l’intérêt général.

Et maintenant qu’on est en pleine crise sanitaire, en plus d’être confinés, il faudrait se taire, ne plus critiquer le pouvoir, ni la société et sa brutalité quotidienne ?

Et pourquoi ne serait-il pas possible même aujourd’hui (de toute façon, épidémie ou pas, la répression est un sujet tabou) de dénoncer ce que nous considérons comme des violences gravissimes ?

Pourquoi ne pourrions-nous pas, d’une manière ou d’une autre, exprimer au moins de la défiance, un désaccord avec l’utilisation des forces de l’ordre, même ironiquement ?

Des tas de gens travaillent au quotidien pour les autres, risquent leur santé et parfois leur vie au travail : certains soignent, d’autres cultivent des légumes, distribuent le courrier, établissent des fiches de paie, ramassent les déchets ... elles sont souvent critiquées, voire méprisées par les privilégiés par exemple, mais jamais remerciées. Et cela n’a pas provoqué de scandale.

Pourquoi Castaner et les autres indignés ne supportent pas à ce point la moindre critique des « forces de l’ordre », criant carrément à la trahison ? Pourquoi tant de « haine » ?

Le problème n’est pas moral, il n’est pas personnel, ce n’est pas une question de gentil ou méchant policier. C’est politique ! Les forces de l’ordre défendent l’ordre social actuel, l’ordre capitaliste, un ordre injuste et inégalitaire. Et avec cet « ordre » il s’agit de défendre les intérêts et la position dominante des possédants. On ne voit jamais des CRS s’attaquer à des licencieurs comme Ford ou Carrefour, jamais à des fraudeurs fiscaux comme MacDonald ou tant d’autres, jamais à des banquiers organisateurs de la fraude fiscale criminelle. La répression s’attaque toujours à celles et ceux qui contestent cet ordre social, à celles et ceux qui défendent leur vie, à celles et ceux qui sont les plus précaires, les plus victimes de cet ordre injuste.

Alors oui il y a confrontation entre la « philosophie » des Castaner et ce que nous disons, oui il y a deux camps comme dirait Lallement, l’idéologue préféré des forces de répression. Donc pas la peine de mettre ça sur un terrain moral, le terrain de la lutte des classes et de la démocratie directe suffiront.

La violence qu’on dénonce dans la répression policière, c’est la violence institutionnelle et politique des possédants, des dominants contre la population. Et au moment où la population mondiale paie encore plus chère un ordre économique et sociale ravageur, c’est utile de le dire.

Philippe

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