Greta Thunberg met les pieds dans le prix

"Nous faisons partie des pays qui ont la possibilité d'agir le plus. Mais concrètement, nos pays ne font toujours rien."

 

Greta Thunberg lors d'un événement Fridays for Future, le 11 octobre 2019 dans le Colorado (États-Unis)

Greta Thunberg refuse un prix environnemental de 46 000 euros décerné par le Conseil Nordique, forum de coopération entre la Suède, le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège, les îles Féroé, le Groenland et l'Åland. Voici la traduction de son son message sur Instagram.

 

"Je veux remercier le Conseil Nordique pour cette récompense. C'est un grand honneur", commence-t-elle. "Mais l'action climatique n'a pas besoin d'autres prix. Ce dont nous avons besoin, c'est que les hommes politiques et les personnes au pouvoir commencent à écouter les scientifiques. Les pays nordiques ont une excellente réputation dans le monde, lorsque l'on parle de climat et d'environnement. On ne manque pas de vantardise à ce sujet. On ne manque pas de belles phrases. Mais lorsque l'on en vient à nos émissions de gaz à effet de serre, et notre empreinte écologique individuelle - si l'on inclut notre consommation, nos importations, l'aviation et les transports - alors c'est une tout autre histoire." "En Suède, nous vivons comme si nous disposions de quatre planètes Terre, selon le WWF et le Global Footprint Network. Et c'est à peu près la même chose pour toute la région nordique.

En Norvège par exemple, le gouvernement a récemment accordé un nombre record de permis pour l'exploration de ressources de pétrole et de gaz. 'Johan Sverdrup', le champ pétrolier récemment ouvert [début octobre], devrait produire du pétrole et du gaz naturel pour 50 ans, ce qui devrait générer 1,3 tonnes d'émissions de CO2 au niveau mondial. 

L'écart entre ce que la science dit - la nécessité de limiter l'augmentation de la température entre 1,5 et 2 degrés - et les politiques menées dans les pays nordiques est gigantesque. _Et il n'y a toujours aucun signe de changement_.

Nous faisons partie des pays qui ont la possibilité d'agir le plus. Mais concrètement, nos pays ne font toujours rien. Alors jusqu'à ce que vous commenciez à agir en accord avec ce que dit la science, je choisis de ne pas accepter le prix environnemental du Conseil nordique, ni la récompense de 500 000 couronnes suédoises." 

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